![]() |
| Samburu |
mercredi 17 décembre 2008
Et sinon...
Matins difficiles

(Maman tu peux cliquer sur l'image si tu veux voir Simba en plus gros plan).
Bon ben tout ça pour dire que depuis mon retour du Liberia ça a été bien bien chargé au boulot... Mais demain c'est les vacances, direction la Syrie pour un noël en famille, avant de rentrer ici passer le jour de l'an à la plage (ne vous inquiétez pas, je n'oublierai pas de mettre des photos, hin hin hin).
lundi 3 novembre 2008
My First President
Bon alors comme j'expliquais, pour la mission de SGC, le programme a changé environ 450 fois. Et notamment il y a dix jours alors que je trouvais le programme pas mal, que je réussissais à faire tenir les rendez-vous principaux ET le voyage en hélico, SGC a dit "Tiens et si on essayait d'avoir un entretien avec la Présidente ?". Ben voyons, pas de problème, je l'appelle, on se fait une bouffe !Petit rappel: la Présidente du Liberia, c'est Ellen Johnson Sirleaf. Ellen, c'est pas n'importe qui. Elle a pour la première fois été Ministre au Liberia dans les années 70, a été trois fois candidates à l'élection présidentielle, s'est fait jeter en prison une fois et exiler bien plus souvent. Elle a occupé des postes hauts placés dans des banques internationales et surtout été Directrice du Bureau Afrique du PNUD et a travaillé pour la Banque Mondiale. Et puis bien sûr, surtout, elle est la première femme élue Présidente d'un pays africain.
Grâce à son parcours international, EJS a réussi à crédibiliser l'image du Liberia auprès de la communauté internationale (certainement plus que n'aurait pu le faire George Weah, candidat malheureux à l'élection...) afin d'obtenir le soutien nécessaire pour sortir le pays de la situation catastrophique dans laquelle il se trouvait à la fin de 15 années de conflit. Elle a aussi la réputation d'avoir un fort caractère (elle est parfois surnommée "the Iron Lady") et de ne pas hésiter à dire ce qu'elle pense aux bailleurs internationaux et aux membres des Nations Unies (souvent des ex-collègues d'ailleurs...) quand ils ne travaillent pas assez vite et bien à son goût.
Bref, donc revenons à nos moutons: on en était donc au moment où une semaine avant la venue de SGC je devais lui obtenir un rendez-vous avec EJS (vous dites quand ça fait trop d'abbréviations, hein...). Donc j'écris une jolie lettre à Son Excellence Madame la Présidente, je vais harceler son service du protocole, je téléphone à droite à gauche, et je vois bien que ça donne rien. Déçue j'étais, car à part faire un baptême d'hélico gratos, la deuxième chose dont je rêvais au Libéria c'était rencontrer la Présidente. Mais bon, c'est la vie, les gens importants n'ont pas que ça à faire, tout ça.
Sauf que (y'en a eu un tas des "sauf que" la semaine dernière !), le vendredi, alors que SGC partait le samedi midi, je reçois un coup de téléphone en fin de journée, je comprends rien, j'entends quelqu'un qui me dit :
"Et à quelle heure ils partent pour l'aéroport?"
"A 13h"
"Donc vers 11h ce serait bon ?"
"Oui oui mais... euh... vous pouvez reprendre du début, c'est qui exactement qui téléphone ?"
"... Le Bureau de la Présidente"
Là je me suis évanouie, je me suis réveillée, donné trois claques, j'ai respiré bien fort, et ensuite j'ai pris la voix la plus naturelle du monde:
"Oui d'accord bien sûr, donc demain à 11h, c'est noté, merci bien !"
Faut jamais laisser croire aux gens que tu es surexcitée à l'idée de rencontrer la Présidente, faut faire comme si ça allait de soi, enfin. Ceci dit pour être honnête je pense que j'ai dit merci avec un peu trop d'insistance et un trop grand nombre de fois et qu'elle s'est doutée de quelque chose, la dame. Ben quoi, aussi, c'est pas tout les jours qu'on rencontre un Président, et surtout pas une Présidente de la carrure de ESJ !!!
Donc voilà, samedi à 11h, dans un bureau à moquette molletonnée en haut d'un grand immeuble avec vue sur la ville d'un côté et la mer de l'autre, on a rencontré Ellen. Je lui ai serré la main. Evidemment elle ne m'a pas addressé la parole une seule fois, Ellen parlait à SGC, faut pas exagérer. Mais quand même je dois dire que c'était un moment assez émotionnant.
PS: La photo est un morceau du pagne créé pour célébrer l'anniversaire de la Présidente qui avait lieu mercredi dernier. Plein de libériennes portaient des robes faites de ce pagne le jour J. C'est pour compléter la collec commencée par les parents dans les 70s en Côte d'Ivoire avec l'acquisition d'un superbe pagne Houpouët-Giscard. Je remercie 1000 fois Aude et Eirini (voir leur blog par ici) qui ont réussi à m'en dégoter un bout.
dimanche 2 novembre 2008
Comment je n’ai pas fait mon baptême d’hélicoptère
Le Liberia héberge l’une des plus importantes missions de maintien de la paix des Nati0ns Unies. 11 000 casques blues répartis à travers le pays. Et donc toute la logistique qui va avec. Il y a moins de 300 km de routes goudronnées au Liberia et il pleut 6 mois par an, et quand il pleut ici… il pleut vraiment ! Donc pendant cette période les routes sont complètement impraticables, de même que pendant une longue période après, le temps d’être remises en état, ce qui en fait parfois n’intervient pas avant la saison des pluies suivantes… Du coup il y a des endroits comme Pétaouchnokville dans le Sud Est du pays, où on a construit un bâtiment administratif, qui est à 700 km de Monrovia… et 3 jours de route !
Ça c’était pour vous planter le décor et expliquer pourquoi la mission des U*N a mis en place des vols d’hélicoptère qui chaque semaine desservent les coins perdus du Liberia, là où sont postées leurs troupes, et qu’accessoirement on a le droit de s’en servir gratuitement pour aller visiter nos projets. Le décor planté avait pour objectif que vous ne hurliez pas au scandale de comment ça, tout cet argent jeté par les fenêtres : le fait est que s’il n’y avait pas ça, ce serait vraiment difficile de travailler dans le pays.
Ceci étant dit, je dois dire que du coup j’attends depuis mon arrivée ici l’opportunité de pouvoir faire mon baptême d’hélico gratis. Je me dis qu’il y a bien un jour où on va devoir aller inaugurer un projet et où il faudra absolument que je me rende. En général c’est plutôt mes collègues qui en profitent, vu que c’est eux qui gèrent les projets alors que moi je suis plutôt au bureau à m’arracher les cheveux sur des problèmes administratifs ou à participer à des interminables réunions de haut niveau sans intérêt.
Sauf que sauf que… l’occasion s’est
finalement présentée la semaine dernière. Grand chef, enfin Super Grand Chef (appelons-le SGC), number one de l’UN0PS genre au-dessus de lui il n’y a que Ban Ki-M00n, est venu visiter le Liberia. Le mauvais côté c’est que j’ai dû gérer toute l’organisation ce qui est propice au développement de stress intense et prolongé. Le bon côté c’est qu’on avait prévu de l’emmener à Pétaouchnokville inaugurer le bâtiment qu’on y a construit. Et que du coup il fallait y aller en hélico et que du coup il fallait que je me joigne au voyage. Je tenais enfin mon occase !
Malheureusement c’est bien connu, dans ce genre de mission rien ne se passe comme prévu et le programme a été modifié environ 450 fois les jours précédents l’arrivée de SGC. Et je dois avouer que j’ai sabordé moi-même mon baptême d’hélico en constatant qu’on arriverait jamais à faire tenir tous les rendez-vous qu’on voulait si SGC allait couper des rubans à Pétaouchnokville toute une journée. Je lui ai donc à contre-cœur recommandé d’annuler cette partie du programme. Et il a approuvé.
Ceci dit il y a plus ou moins une justice puisque l’inauguration en elle-même n’a pas été annulée pour autant mais on a envoyé des collègues y représenter notre noble insitution… sauf qu’ils ont passé 3 heures et demi dans les airs et ne se sont jamais posés à Pétaouchnokville, faute de trouver une éclaircie propice à un atterrissage, la saison des pluies ayant décidé de faire un peu de rab cette année. Et que autant ça me dirait bien de me faire un vol en hélico, autant passer 3h30 coincée dans une espace confiné avec des boules quies dans les oreilles pour supporter le bruit suspendue entre la terre et le ciel, ça me fait pas rêver…
Demain je vous raconterai comment en revanche j’ai rencontré Ellen.
vendredi 24 octobre 2008
Back again
J’ai donc pris une nouvelle fois le vol KQ508 de la Kenya Airways (3314 miles sur ma carte Flying Blue). J’y avais un voisin tout à fait intéressant. Un libérien qui chaque fois qu’une hôtesse passait lui demandait une mignonnette d’alcool (tout y est passé : vodka, whisky, Amarula même…). Au début je me disais, et voilà avec mon bol, je suis encore à côté d’un alcoolo qui va picoler tout le voyage. Sauf qu’en y regardant de près je me suis rendue compte qu’il ne les buvait pas, les bouteilles. Une fois que l’hôtesse s’était éloignée, il les planquait direct dans sa banane autour de sa taille.
En fait, une fois que le repas est arrivé, il a même planqué TOUS les plats, l’un après l’autre, dans le sac à vomi. Même le plat chaud et tout. Sac à vomi qu’il a mis discretos dans un sac en plastique du duty free de Nairobi pour embarquer le tout en sortant de l’avion.Du coup je m’interroge. Il avait vraiment pas faim et voulait garder ça pour son repas du soir parce qu’il déteste se faire à manger lui-même ? Il avait oublié d’acheter des souvenirs pour sa famille et du coup il s’est dit « tiens, je vais leur offrir le poulet-gnocchi-sauce au fromage de Kenya Airways, ils vont adorer » ? Si vous avez une idée, n’hésitez pas.
mardi 14 octobre 2008
Bon oh c'est quoi ça ?
Ben heureusement que je suis sur le point de partir me faire une petite semaine de resourçage (orthographe ? existence du mot ???) au Kenya, parce que si on devait compter sur vous... Et oui, vous avez bien compris le sens caché de cette phrase qui signifie qu'après je reviens ici car on a encore rallongé ma mission d'un petit mois. J'en suis plus à ça près, en même temps.
lundi 13 octobre 2008
Princess
Elle s'est approchée de nous, a passé sa main à travers la grille et a attrappé doucement ma main, elle pensait probablement que je lui apportais quelque chose. Ses doigts se sont refermés sur mes doigts. Et je ne sais pas comment dire: ça m'a bouleversée de voir
Bon je refais pas la même histoire qu'avec l'aigle, vous avez compris le degré de sensibilisation chez les libériens au respect des animaux tout ça. Pour eux c'est une sorte de jouet qu'ils promènent fièrement sur la plage le dimanche et lui enfilant un jean pour faire rire les badauds. Et je ne suis pas sûre qu'on ait forcément de leçons à donner. Mais en tous cas cette rencontre m'a vraiment marquée.
dimanche 12 octobre 2008
Le Liberia aussi c'est dangereux
“Death : 1
UNM1L Contingent - Sustained a fatal gunshot wound whilst cleaning his AK-47”
Bon je sais, pour de vrai c’est même pas drôle. Mais je trouve que ce genre de mort à un côté tellement absurde et inutile que s’en est presque fascinant.
PS1 : traduction pour les anglophobes : un soldat de la mission de maintien de la paix de l'ONU a reçu une blessure par balle mortelle en nettoyant sa Kalashnikov.
PS2 : ce message fait un peu écho à un message lu sur un autre blog mais dont je n’ose donner le nom et l’adresse car je sais que l’anonymat lui tient à cœur… mais je pense qu’il se reconnaîtra.
mardi 7 octobre 2008
Aheum
Du coup mon petit mail un peu facile sur les Nati0ns Unies me semblerait presque déplacé. Parce que quelque part les fameuses allocations "sécurité" et compagnie, elles sont là un peu à cause de ça. Parce qu'il y a des gens qui prennent de vrais risques. Et en plus le collègue de Nairobi en question fait justement partie de ces gens qui y croient et qui sont prêts à mouiller leur chemise pour faire marcher les projets dont ils s'occupent.
Bref, je laisse quand même le message en question, ci-dessous. Quelque part ça vous donne un aperçu des deux côtés du tableau comme ça.
PS: rassurez-vous les amis: la situation au Liberia n'a bien heureusement rien à voir avec la situation actuelle en Somalie. Et je ne compte pas mettre les pieds là-bas. En fait vu les circonstances je pense que plus personne de l'UN0PS ne compte mettre les pieds là-bas avant un certain temps...
------------------------------------------------------------------------------------
Bon c'est pas mon style d'en remettre des couches sur des caricatures déjà trop faciles, et de rajouter de l'eau à un moulin qui n'en a vraiment pas besoin pour tourner tout seul... Mais je dois dire que parfois les gens aussi le font un peu exprès ! Pour exemple ce charmant collègue d'une "agence-soeur" des Nati0ns Unies avec qui j'avais l'autre jour cette discussion tout à fait intéressante:
- Ça fait combien de temps que tu es au Libéria ?
- Depuis 2004. Mais j'ai terminé, je pars dans un mois, j'ai trouvé un nouveau poste au Sud-Soudan.
- Et tu viens de quel pays ?
- D'Erythrée.
- Ah, et ça te manque pas trop ? Tu n'as pas envie d'essayer de trouver un travail là-bas ?
- Ben non, si je retournais en Erythrée, je ne pourrais pas avoir un statut d'expatrié. On s'habitue à l'argent, alors ce serait difficile de revenir à un salaire local.
- ...
- C'est comme pour mon prochain poste: on me proposait aussi de travailler à Nairobi, mais là-bas tu n'as pas tous les suppléments de salaires que tu reçois quand tu es dans un pays classifié "dangereux" (NDLR: là je vous traduis un peu parce que à ce niveau là il a inséré tout un tas de jargon incompréhensible quand tu ne bosses pas aux UN... Genre "tu n'as pas le SOLA, le Hazard Pay et les R&R"). C'était pas possible pour moi, maintenant je suis habitué à un autre train de vie.
Comment ça, tu ne travailles donc pas aux UN parce que tu veux aider à instaurer la paix dans le monde et à éradiquer la pauvreté (pour tout le monde et pas que pour toi, j'entends). Bon ouais, pas que j'y croies vraiment, mais ça fait toujours un peu mal de se rendre compte que les gens disent les choses aussi crûement et sans même faire semblant.
Le pire c'est qu'il avait une possibilité en OR d'expliquer autrement pourquoi il ne rentrait pas en Erythrée: après cela, il m'a raconté que quand il a eu son poste au Liberia, le Gouvernement Erythréen a refusé de lui octroyer un visa de sortie du territoire (je connais mal donc je vais pas essayer d'étaler ma science, mais en gros le gouvernement Erythréen est pas vraiment des plus respectueux des libertés individuelles...). Du coup il a été obligé de passer illégalement la frontière avec le Soudan pour venir. Et il n'a pas vu sa famille depuis, celle-ci n'ayant jamais réussi à obtenir, forcément, de visa pour venir le voir. Donc cela rend un retour au pays pour le moins... difficile, vu qu'on peut pas dire qu'il soit dans les petits papiers de son Gouvernement.
Malgré cela la première raison qu'il a sortie, avec un naturel déconcertant, c'est l'argent. No comment.
jeudi 2 octobre 2008
Enfin !
Non, parce que non seulement ça s'est effectivement avéré un moyen de passer des dimanche très agréables et beaucoup plus courts qu'avant (à moins que ce second aspect ne soit dû au fait que je me lève maintenant beaucoup plus tard le dimanche rapport à ce que Estelle a aussi accepter de me sortir les samedi soir ???), mais en plus c'est pas n'importe quelle piscine. C'est LA piscine idéale. Celle qui est... INTERDITE AUX ENFANTS !!!
PS: tu m'excuses pour la médiocre qualité des photos, je sais, on voit rien sur la deuxième. Sauf qu'après avoir pris ces deux-là, j'aurais voulu essayer de trouver un meilleur angle mais le gardien de la résidence m'a sauté dessus en me disant qu'il était interdit de prendre des photos. Euh, pardon ? Ils seraient pas devenus un peu paranos, niveau sécurité, les libériens ?
mercredi 10 septembre 2008
Liberia, Liberia pas ?
Quand aux résultats, ils sont sans appel : 75% d’entre vous souhaitent que je retourne au Liberia. Je ne félicite pas les 50% qui souhaitent que j’y retourne parce que je publie plus de messages quand je m’ennuie le soir, je ne vous trouve pas très charitables. Les 25% restants souhaitent que j’y retourne pour finir de sauver les pauvres. C’est sympa, sauf que malheureusement si j’attends d’avoir sauvé tous les pauvres du Liberia pour repartir, c’est pas demain la veille que je retourne à la civilisation.
Enfin je remercie les 25% restants qui se préoccupent de ma santé mentale. Ça fait chaud au cœur. Ceci dit vous me connaissez, mes mots d’ordre sur ce blog sont de tenir mes promesses et de faire passer le souhait du lecteur avant mon propre bien-être. Donc je vais retourner au Liberia. D’ailleurs en fait j’y suis déjà retournée. J’y suis. Aujourd’hui même. Je vous écris en direct de ma guest house. Et je confirme par là-même le verdict du sondage. Le fait est que j’écris plus quand je suis au Liberia : en deux semaines au Kenya j’ai publié un message. Il m’a fallu moins d’une demi-journée ici pour en faire autant…
PS : Bientôt sur ce blog, le retour de la chronique gastronomique du dimanche, et la suite de la description des animaux familiers de la guest house. On a dit plus de messages, on n’a pas dit des messages plus intéressants…
PPS : Je rassure 25% de mes lecteurs : je ne suis pas encore tout à fait au bord de la crise de nerf. Le séjour au Kenya m’a permis de bien « recharger mes batteries » et je me sens en pleine forme pour ce nouveau séjour.
jeudi 4 septembre 2008
Retour à la réalité
Jeudi dernier je suis donc rentrée au Kenya. En me levant (ben ouais, j’ai atterri à 5h30 du mat, donc je me suis autorisée une petite sieste en arrivant à la maison...) j'ai vu le journal qui trainait et je me suis dit tiens, quoi de neuf dans le pays ?
La première page était consacrée à un article sur une loi que les parlementaires sont en train de voter, pour octroyer des salaires aux femmes des élus... Et pas des petites indemnités pour les remercier d'organiser des réceptions, hein ! Non, de vrais bons salaires, de l’ordre de 4 000 Euros par mois minimum. Sachant que les élus kenyans sont déjà parmis les mieux payés du monde (oui, oui, du monde, vous avez bien lu). Et qu'ils se votent des augmentations environ 2 fois par an. Et rétroactivement sur les deux dernières années.
J'ai trouvé tout à coup que Sarko était un bien petit joueur, avec son histoire de carte bleue prêtée à Cecilia pour payer des déjeuners à ses copines ses déjeuners d'affaire.
En tous cas bizarrement, vu que la proposition inclut un salaire pour la femme de Kibaki ET un salaire pour la femme de Raila, pour une fois ces deux là sont d'accord. On dirait que cette affaire a rétabli la paix dans les ménages permis au gouvernement de renforcer son unité. Ceci dit je suis quand même pas sûre que ce soit une raison de se réjouir.
La prochaine fois je vous raconterai plutôt mes vacances à la plage, au moins un truc qui me mettra de bonne humeur.
samedi 23 août 2008
L'aigle
Il était tranquillement posé sur un tas de sable et il m'a laissée m'approcher très près de lui sans s'envoler.Un autre jour je suis retombée sur lui. Et puis un autre. Du coup j'ai commencé à avoir un doute. Et le jour où il était juste à l'entrée du parking, posé à 2 mètres du gardien et de ses 5 copains qui parlaient bruyament, je me suis décidée à leur poser la question.
"Il fait quoi là cet aigle ?"
"Ben c'est l'aigle du patron"
"Mais il est tout le temps ici, il ne peut pas voler ?"
"Non, on lui a coupé le bout des ailes"
"Mais pourquoi ?"
"Ben... (regard totalement interloqué du gardien) pour pas qu'il puisse s'échapper !"
Suis-je bête ! Ben oui mais c'est bien sûr, pour pas qu'il puisse voler ! Bref, je me suis dit qu'une tirade sur la cruauté envers les animaux les laisserait complètement indifférents. J'ai plutôt décidé de tenter une approche de la pauvre bête, après m'être fait garantir qu'on pouvait le toucher sans se faire arracher un oeil d'un coup de serre. Il m'a regardé avec son oeil perçant en poussant un cri et quand mon doigt n'a été qu'à quelques centimètres de lui, il a essayé de l'attrapper avec son bec... Aucune reconnaissance avec les gens compatissants, j'vous jure !!! Ça a bien fait rire le gardien et ses potes en tous cas.
PS: je vous rassure, pas de mal ! C'était plutôt une sorte d'avertissement poli, genre "ôte tes sales pâtes de là". Ceci dit je me le suis pas fait dire deux fois, le message était assez clair...
mercredi 20 août 2008
Et l'an prochain...
Sur cette longue digression, venons-en au but de ce message: partager avec vous les résultats du sondage mais surtout... le choix qu'on a fait, vu que Lionel a envoyé hier ses choix définitifs. Je sens d'ailleurs qu'arrivés à la fin du message, vous allez me dire: elle nous gonfle, l'autre, avec ses 6 votants seulement, mais au final elle en a même pas tenu compte de nos avis, alors de quoi elle se plaint ? Et vous n'aurez pas totalement tort.
Pas totalement raison non plus car le grand gagnant de ce sondage, avec 33% des voix (donc 2 votes...) c'est Buenos Aires, et que Buenos Aires c'est notre 4ème choix sur 6. Je dois dire que pour de vrai, ca me tenterait grave. Mais stratégiquement Lionel pense qu'il a peu de chances, car c'est un poste très demandé et que Lionel ne parle pas espagnol, donc ils le filent probablement en priorité à des gens qui le parlent. Du coup on a préféré mettre des postes sur lesquels on a plus de chances aux premières places.
Bon sinon 2ème ex-aequo avec 16% des votes chacuns, Rabat, Ljubjana, Stockholm et Rangoun. Rabat est notre premier choix ! Bah oui moi ça me tente bien d'habiter au bord de la plage et puis pas trop loin de la France. Sauf que pour de vrai là où on veut vraiment aller c'est Phnom Penh, notre 2ème choix, parce que un jour à Nairobi, une nana qui avait passé 30 ans aux Affaires Etrangères m'a dit qu'on obtenait jamais son premier choix. Du coup elle, pour son poste suivant elle avait mis n'importe quoi en premier, et Tunis en second car elle voulait vraiment y aller... Croyez le ou non, elle a obtenu Tunis. Bref, ceci dit pour de vrai Rabat ça serait sympa quand même !
Stockholm et Ljubjana... Le prenez pas mal les gens qui ont voté pour ça, mais moi j'avais pas trop envie de rentrer en Europe. Soit je vais en France, soit je pars et dans ce cas là autant avoir un peu d'exotisme ! Donc ils ne sont pas dans notre liste. Quand à Rangoun... Aaaaahhhh, Rangoun... C'était mon rêve ! Malheureusement l'instance de décision pour cette liste c'était un peu comme le Conseil de Sécurité de l'ONU où vous auriez été les membres temporaires et nous les membres permanents: on a tous le droit de vote, mais nous on a un droit de veto (promis Perrine, un jour j'arrête mes pauvres références UN). Et ben pas de bol, Lionel sur ce coup-là a décidé d'exercer son droit de veto. Et malgré une longue tentative de négociation diplomatique, voire de corruption pour acheter son vote, je n'ai pas réussi à le faire changer d'avis. Donc, OUT la Birmanie.
A ce niveau là de ce message désespérément long, vous me dites: bon tu es gentille mais là on est complètement perdus. Oui ou m***e, tu nous dis ce que vous avez mis dans cette p****n de liste ? Je vous trouve pas très polis mais enfin je dois reconnaître que vous avez raison, ça commence à être un peu embrouillé cette affaire. Donc pour finir voilà la liste:
1. Rabat, Maroc
2. Phnom Penh, Cambodge
3. Saigon, Viet Nam
4. Buenos Aires, Argentine
5. Colombo, Sri Lanka
6. Singapour, Singapour
Voilà, les gagnants (c'est à dire ceux qui ont voté et puis même les autres parce qu'on est super gentils) ont gagné une semaine d'hébergement gratos et des conseils personnalisés par un guide touristique expérimenté pour l'organisation de leurs vacances dans le pays de notre future destination.
PS: et sinon pour vous prouver que même pas ça me pose problème d'afficher aussi ouvertement le fait que je n'ai que 2 lecteurs par jour, je vous colle un nouveau sondage, voir ci-contre.
dimanche 17 août 2008
Le détail insolite

Je remets donc ci-contre la photo originale avec entouré de rouge le détail insolite.
En plus grand ça donne ça:

Traduction: la buvette du bord de plage utilise des bâches de camps de réfugiés (reconnaissables au sigle UNHCR qui les orne) pour imperméabiliser ses toits. Nan mais c'est vrai, faut pas gâcher.
PS: bon pfff, je sais, c'est les vacances et tout, mais ça commence à être désespérant d'avoir un commentaire un message sur deux... Vous êtes là ou j'écris complètement dans le vent ?
Rencontre
Toujours dimanche dernier, à un moment un groupe de 4 jeunes m'a abordée pour me demander de les prendre en photo. Jusque là tous les gens que j'avais pris en photo s'étaient laissés faire en souriant, voire en me lançant des grands bonjour, ça ne m'a donc pas surprise.Les jeunes avaient un look à l'américaine comme de nombreux jeunes ici, un peu baggy, un peu "bad boys". Après avoir pris une photo d'eux et la leur avoir montrée, ils m'ont dit avec un sourire malin: "Non mais ce qu'on veut c'est une photo de toi avec nous". Reflexe de la touriste, je dis non poliment, c'est le genre de coup à ce que le type fasse semblant de prendre une photo de toi et se tire avec l'appareil. Leur sourire en coin quand j'ai refusé me fait dire que je n'ai peut être pas eu une mauvaise intuition.
Et puis tout à coup je ne sais pas, j'ai commencé à me poser des questions en les regardant. Ces types de 20 ans et quelques, qui étaient-ils pendant la guerre ? Drôle d'impression. Et surtout ça fait toucher un peu du doigt les difficultés que peuvent rencontrer les gens d'ici à reprendre une vie "normale", alors qu'ils croisent peut être tous les jours dans la rue des personnes qui ont commis des atrocités qui ne seront jamais punies.
Finalement ça m'a fait penser à quelques articles d'un blog sur lequel je suis tombée un peu par hasard l'autre jour, le récit d'une psy française qui a travaillé sur un programme de réhabilitation des enfants-soldats libériens. Je m'y connais mal, donc je vous invite à lire ses articles si vous voulez le vrai regard d'une personne qui sait de quoi elle parle.
De mon côté, je ne saurai évidemment jamais qui étaient vraiment ces jeunes. Après mon refus ils se sont désintéressés de moi et éloignés tranquillement. Et moi j'ai continué ma ballade.
PS: J'ai lu aujourd'hui qu'une étude d'une ONG américaine avait établi qu'un tiers des libériens avaient combattu à des niveaux divers pendant la guerre civile, nombre d'entre eux contre leur gré. Juste un chiffre, comme ça, qui fait refléchir sur ce que peut être aujourd'hui la société libérienne...
Monrovia
Le plus surprenant quand on est habitué à Nairobi, où les quartiers sont clairement ségregués en fonction de l'appartenance sociale, c'est de voir ici au contraire le mélange entre les immeubles aisés des expats et des quelques libériens de la classe supérieure et les baraques en tôle ondulée des autres... Ceci dit les immeubles aisés sont quand même soigneusement entourés de murs hauts surmontés de fils barbelés.. Toutes les photos ont été prises dans le même quartier, autour de là où j'habite et là où je travaille, Mamba Point, ce qui vous donne une idée de cette diversité.

La ville porte aussi les marques de la guerre bien entendu. On voit de nombreux immeubles et maisons à moitié détruits et sans fenêtres... Pourtant nombre d'entre eux ont du linge qui pend aux balcons, preuve qu'ils ont été colonisés par des squatteurs peu fortunés. Le processus de reconstruction, et donc notamment de réhabilitation de ces bâtiments, est en cours, mais très lentement.
Est-ce à cause de la guerre que les gens ont cette sorte d'obsession de la propreté? En tous cas où qu'on se promène dans la ville, il y a toujours du linge qui sèche de partout, voire même des paires de chaussures soigneusement alignées pour les faire sècher au soleil.Voilà, demain je vous raconterai les rencontres étranges qu'on peut faire dans les rues, et puis ensuite ce fameux détail insolite sur la photo de l'autre jour. Et un jour aussi je vous dirai finalement dans quel pays on risque d'aller l'an prochain... En attendant vous pouvez cliquer sur la photo ci-dessous pour voir plus de photos de Monrovia.
![]() |
| Monrovia |
dimanche 10 août 2008
Le buffet du dimanche au Mamba Point Hotel
Bref, aujourd'hui dimanche j'ai décidé d'aller déjeuner dehors. Je suis allée à dix mètres de ma guest house, à l'hôtel le plus célèbre de Monrovia, le Mamba Point Hotel. Bon, originalement je visais le Sushi Bar et ses succulents Prawnz Tempura goûtés lors de ma dernière visite. Mais justement il est fermé le dimanche midi. Le serveur m'a donc suggéré de me rabattre sur le Italian Buffet, 15 dollars tout compris.
J'ai donc choisi une petite table sur la terrasse avec vue sur la mer et je suis partie voir un peu à quoi ça ressemble un Italian Buffet à Monrovia. Sur la photo de la vue ci-dessous se cache un détail incongru, sauras-tu le retrouver ? Réponse dans quelques jours.

Ci-dessous, l'assiette de plats principaux. Vous noterez que question tabasco on rigole pas au Liberia, ils vous collent sur la table une bouteille plus grande qu'une cannette de coca, au cas où...

Le résultat était pas trop mal, bon, faut quand même reconnaître qu'un repas uniquement constitué de pâtes de sortes diverses et variées c'est vaguement étouffe chrétien au bout d'un moment. Surtout quand les types rajoutent des morceaux de POMME DE TERRE dans leurs spaggethis au pesto (je rêve...). Enfin évidemment ça vaut pas un dîner chez David, notre resto italien fétiche de Nairobi, mais on peut pas tout avoir, ET la vue sur la mer, ET le super resto...

J'étais arrivée relativement tôt, la terrasse s'est ensuite remplie progressivement, proportionnellement au parking qui s'est petit à petit couvert de gros 4X4 blancs estampillés UN ou Croix Rouge. J'ai donc fini par laisser la place à mes amis expats et suis partie faire une petite ballade digestive dans Monrovia. Les photos suivront.
vendredi 8 août 2008
Liberia + 10
57 cafards tués (j'ai arrêté et décidé de me lancer dans une politique de cohabitation pacifique, je ne pourrai pas gagner contre eux...).
1 cambriolage à mon bureau, 1 500 dollars d'envolés, et 4 000 Kenyan Shillings (mais RIEN n'appartenant à l'UNOPS... j'ai vraiment du bol).
4 français rencontrés, dont le responsable de la sécurité de l'UNICEF dont j'ai fait la connaissance "grâce"au cambriolage et qui semble m'avoir un peu prise en pitié et depuis vient voir presque chaque jour si on s'en sort. Je sais pas trop comment je dois le prendre, mais ceci dit c'est super gentil.
5 jours de pluie (mais ça va pas dans le sens d'une amélioration, donc les stats de la semaine prochaine devraient être moins bonnes...).
9 jours de travail, 1 journée de glandouillage.
2 bouquins lus sur 6 emportés.
1 film regardé sur 24 emportés (oui, j'avais VRAIMENT peur de m'embêter).
3 épisodes de la saison 3 de Weeds, il m'en reste 10 à regarder, plus l'intégrale de Six Feet Under...
Et les autres soirs j'ai fait quoi ? J'ai bossé ! Oui, j'ai une vie passionnante.
jeudi 7 août 2008
Home, sweet home

Bon, heureusement j’avais été prévenue par ma collègue qui m’a précédée en ces lieux, du coup j’ai apporté avec moi mon copain Doom. Ben oui, DOOM:
Je passe donc des soirées très amusantes a shooter des cafards avec Doom. J’ai même perfectionné ma technique pour savoir exactement quelle quantité de Doom il faut pour tuer un cafard. J’essaie de ne pas gâcher le Doom, histoire d’en avoir le plus longtemps possible, car il paraît que les produits vendus localement ne sont pas aussi efficaces.
Tout ça pour dire que si quelqu’un connait un moyen de se débarrasser durablement de ces bestioles, je suis preneuse !!!
Sinon je vous montre une petite photos extérieure de ma maisonnette.
On voit pas comme ça, mais derrière le grand mur surplombé de fils de fers barbelés, il y a la mer. Enfin il y a Poo Beach, pour être exact. Mais après Poo Beach, la mer.
Oui je sais, ça ressemble un peu a un bunker, mon affaire. Mais enfin vous excuserez les habitants, qui avec 15 ans de guerre civile plutôt sur-violente ont transformé leurs habitations en bunkers. On connait des endroits ou il n’y a pas eu de guerre civile et pourtant ça n’empêche pas les habitants de transformer leurs maison en bunker…
Ceci dit, malgré le mur, j’entends le bruit des vagues, et je profite de la brise fraîche de l’océan qui rend le climat très supportable. Alors je ne me plains pas.
mercredi 6 août 2008
Re-Monrovia
Bon, un peu dur de savoir par ou commencer, je n’ai pas de voiture et personne pour me guider dans la ville (SOS détresse amitié, personne connait des gens au Liberia ? Pfff, je n’ai aucune envie de fréquenter mes collègues en dehors des heures de bureau… Du coup je suis un peu esseulée). Mais rien que se balader dans les rues est agréable, dans cette ville foutraque, couverte de cicatrices mais tellement vivante, qui est a mille lieux de Nairobi.
Points notables de la journée: j’ai croisé des tripotées de gamins dans la rue et pas un seul ne m’a poursuivie en criant “Muzungu” ou quelque autre équivalent local. Bon, ils en ont vu d’autres, les gamins de ce pays. J’imagine qu’un blanc qui se ballade n’est plus vraiment assez pour les faire lever la tête. Mais marrant quand même. En revanche un type m’a hélée en me disant “Bonjour, comment ça va?”. En français. Pas compris pourquoi une blanche qui se promène est fatalement française? Je vous tiens au courant si je résous ce mystère.
lundi 21 juillet 2008
Phnom Penh, Saigon, Buenos Aires et tous les autres
Genre moi je veux un pays où il fasse CHAUD (bon ça c'est en réaction à la température ambiante en ce moment), où je puisse trouver un boulot, et où les gens viennent me voir en vacances (donc pas trop trop loin de la France ou alors avec des bonnes connexions aériennes et avec des choses à voir intéressantes, vous avez vu comme je suis gentille avec voux, les gens?). Lionel il veut un pays où
Bref, Cambodge, Sri Lanka, Argentine, Inde, Honduras, Viet-Nam... La liste fait rêver et on voit défiler tout plein de destinations exotiques qui doivent être passionnantes à découvrir, mais quand il s'agit de décider où on va probablement passer les 4 prochaines années, on doit s'appuyer sur des éléments bien plus pragmatiques.
Tout ça pour dire qu'au final, je sais pas trop... Ben oui je suis balance, on se refait pas, hein ! Du coup je vous colle à droite un sondage, histoire au passage d'inaugurer une nouvelle fonctionnalité du blog.
mercredi 9 juillet 2008
Je vous avais dit que Mac c'était mieux que Microsoft...
Maman, Papa : si vous n'arrivez pas à lire, vous pouvez cliquer sur les pages, elles s'afficheront en plus grand.




mardi 8 juillet 2008
Tonton et Tata sont dans un bateau...
Ben oui quoi c'est vrai, j'en ai marre que mes cousins aient fait exprès d'attendre que j'habite très très loin pour nous faire des petits cousins que j'ai jamais vu de ma vie ou presque. Du coup on s'est trouvé ici deux petits neveux d'adoption. A moins que ce ne soient eux qui nous aient choisis ?
Bref, enfin voilà, je vous présente Camille et Pierre, présentement fille et fils de Madame la Vice-Consule, et qui nous ont officiellement affublés du titre de "Tonton Lionel" et "Tata Oriane". Enfin ceci depuis que Pierre a compris que je n'étais pas la "nanny" de Lionel (oui bon ok on n'est pas marié mais enfin quand même !). Et puis bon Camille nous appelle pas encore totalement Tonton et Tata vu qu'elle parle pas tout à fait, mais ça ne saurait tarder.
Ils sont pas mimis ? Et leur Tonton n'a-t-il pas l'air un peu gaga ?
Sinon on a aussi adopté une fille, mais elle a un caractère un peu difficile et fait tout pour se faire remarquer... Pfff, les enfants c’est fatigant, j’vous jure.
vendredi 27 juin 2008
Les relations interculturelles en pratique
Depuis que ne travaille plus à l’Ambassade, j’ai la chance d’avoir des collègues de tout plein de nationalités et non pas que des français (ouais j’exagère, à l’Ambassade il y a des kenyans… les hommes de ménage… sic). Ce qui me donne l’occasion de faire tout plein de petites analyses sur les relations interculturelles et tout ça.
Un exemple : un jour on reçoit un mail « Je suis au regret de vous annoncer que le père de Machin est décédé hier. Nous ferons passer dans la journée une enveloppe pour vos contributions ». Je m’interloque. Ainsi que mes collègues « internationaux ». Comment ça quand un parent d’un collègue décède il faut lui donner de l’argent ? Ben c’est la tradition au Kenya, ta collègue kenyane t’explique. Et comme tu veux montrer que tu es quelqu’un d’ouvert et sensible aux différences culturelles et tout, tu t’exécutes. Surtout que l’enveloppe qui passe, elle est apportée par un type qui t’oblige à écrire ton nom et la somme que tu donnes, sur une liste que tout le monde peut voir. Officiellement pour éviter qu’il ne sucre de l’argent sur le dos du mort. Bref.
Le même jour on reçoit un mail : « Je suis heureuse de vous annoncer que Machine a accouché hier d’une petite fille. Si vous voulez participer à un cadeau commun, vous pouvez me déposer vos contributions. » Et là je m’interloque pas : ben oui, une collègue accouche, ça me fait plaisir de participer à un cadeau. Je remarque juste que dans ce cas on fait pas passer l’enveloppe et on met pas son nom… Comme si pour les Kenyans ça semblait moins évident de donner pour une naissance que pour un décès. Marrant.
Du coup tout ça te fait refléchir à comment c'est intéressant de voir qu'on n'a pas du tout la même approche et les mêmes réactions face aux évènements de la vie. Et tu apprends, pour savoir t'ouvrir aux autres cultures et pouvoir réagir de manière appropriée le prochain coup.
Justement, l’autre jour, une autre collègue perd son père. Donc cette fois on s’interloque plus, on a compris, on donne l’argent et on met le nom et la somme sur l’enveloppe. Et puis mon chef pris d’un grand élan de générosité dit que si certains veulent aller assister aux funérailles, qui se déroulent à l’autre bout du pays, ben il prête gratos la voiture du bureau pour le week-end. Sauf que… la veille du départ, on se rend compte qu’il manque une pièce dans la voiture, qu’on devait remplacer mais qui n’est pas arrivée. Et que donc la voiture roulotte tant bien que mal, mais qu’elle n’est pas prête à faire 1000 bornes de route parsemée de nids de poule. Donc on prévient les collègues qui devaient partir qu’ils vont malheureusement devoir se débrouiller autrement.
Et là, une des collègues qui devait aller aux funérailles va voir sa chef et lui demande… si du coup on peut pas lui payer son billet d’avion aller/retour sur le budget administratif du bureau. Ben voyons ! Et puis l'hôtel et le coiffeur aussi, non ? Sa chef a ri. Ben oui, relations interculturelles je veux bien, mais enfin faut pas non plus pousser mémé dans les orties...
vendredi 13 juin 2008
La soirée fromage
Oui je sais, je n’ai pas posté depuis des lustres. J’ai d’ailleurs été très touchée par les cris de détresse reçus de mes nombreux lecteurs pour me demander de revenir. Enfin par LE cri de détresse de ma sœur qui s’emmerde pendant son stage et donc n’a que ça à faire de traîner sur les blogs et aimerait bien un peu d’animation. Bref. Heureusement que je fais pas ça pour la gloire sinon presque je serais vexée. Mais comme j’ai aussi appris durant mon récent passage en France que des tas de gens que je ne soupçonnais pas, voir que je ne connais pas, lisent mon blog et l’apprécient tout ça, on va faire comme si de rien n’était.Bon, donc, la France. Qui dit passage en France dit soirée fromage en revenant. Et oui, j’ai décide aujourd’hui de vous présenter un des éléments essentiels de la vie des expats français à l’étranger. Parce que vivre loin de chez soi dans un pays exotique où chaque week-end est u
ne nouvelle aventure dans des lieux inexplorés qui font baver d’envie les parisiens, bon, c’est bien. Mais quand on se rend compte que ça veut dire pas de bon fromage à portée de main, pas de possibilité de s’enfiler un bon calendos coulant, un doux munster qui sent des pieds comme on les aime, un comté 20 ans d’âge qui râpe la gorge, une raclette qui vous réchauffe et tient au ventre pendant 72 heures, tout de suite ça fait moins rêver et vous comprenez les difficultés de notre vie au Kenya.A ma droite j’entends dire “Bah on trouve du fromage au Kenya, faut pas déconner”. Alors là je m’insurge. D’abord, suite à la colonisation anglaise, on trouve effectivement toute une ribambelle de cheddar qui va du jaune pâle au orange foncé. C’est vrai. Sauf qu’à part la couleur je vois pas trop la différence: j’ai toujours l’impression de manger du plastique. Ensuite, il y a effectivement quelques types qui se sont lancés dans la fabrication locale de choses qu’ils appellent hardiment “camembert”, “brie” ou même “mozzarella”. Mais un vrai camembert, monsieur, ça ne se fait PAS avec du lait pasteurise. Sinon il est où l’intérêt ? Un camembert qui pue pas, nan mais ! Je ne me lancerai pas dans la comparaison de la mozzarella made in Naivasha avec la Buffala mangée à Naples l’an dernier, ce n’est pas ma spécialité mais je pense qu’il y a de quoi s’étouffer quand on est italien.
Tout ça pour dire qu’il est du devoir de tout français qui se respecte quand il revient de vacances en France de ramener un échantillonnage de frometon bien de chez nous pour les partager avec ses compagnons de galère. D’ailleurs, un « tip » si jamais dans mon large lectorat de près de 10 personnes par jour (les bons jours), il y a quelqu’un qui souhaite partir en expatriation un jour : emmène du fromage dans tes bagages si tu veux te faire des amis rapidement.
Nous n’avons pas dérogé à la tradition même si j’ai trouvé une bonne feinte pour ne pas que tous le contenu de ma valise sente le calendos à l’arrivée : j’ai chargé Lionel de la mission frometon. Dont il s’est acquitté avec brio. Je le remercie donc au passage. Voilà pour le reste vous pouvez voir les photos qui ne sont pas d’un intérêt fou mais j’avais envie de m’amuser avec mon nouvel appareil photo que j’aime (merci maman).
mardi 29 avril 2008
Et pendant ce temps là à Naivasha
Le lac de Naivasha est situé à environ 1h30 de Nairobi, au fond de la Rift Valley. La route qui en fait le tour est bordée d'une série de campings, cottages et lodge de luxe qui permettent aux citadins de venir décompresser du stress urbain. On trouve aussi des alignements d'immenses serres couvertes de bâches blanches. Elles abritent des plantations de roses, celles-là même qui se retrouvent chez les fleuristes en Europe.Les plantations de rose sont jouxtées de longues baraques grises et tristes toutes identiques, les habitations des ouvriers. Chaque bâtiment consiste en une suite de fenêtres et portes qui ouvrent sur ce qu'on devine n'être probablement que deux petites pièces au maximum par famille.
C'est un spectacle qui m'a toujours mise un peu mal à l'aise. D'un côté, comparé aux villages alentours où les maisons ne sont souvent que quelques planches en bois couvertes de tôle ondulée rouillée, les ouvriers ne sont pas si mal lotis. Surtout lorsque l'on sait qu'ils ont accès à l'eau courante, à des services de santé et que leurs enfants fréquentent gratuitement des écoles ouvertes juste pour eux.
D'un autre côté, on se demande si les gens ne sont pas parqués là pour être mieux surveillés. Et si ça ne limite pas dangereusement les velléités contestataires quand on sait que si on perd son travail, on perd du même coup son toit, l'accès à l'éducation pour ses enfants, les soins de santé, etc.
Un nouvel élément à fait son apparition au bord de la route du lac depuis février: le camp des IDPs (internally displaced people, personnes déplacées suite aux violences postélectorales). De loin, l'alignement de tentes blanches pourrait faire penser à une serre, mais on s'aperçoit vite que les tentes sont beaucoup plus petites, et les toiles frappées du sigle bleu des UN. Le tout entouré de barbelés, autant pour protéger les réfugiés que pour les contenir.
Les plantations de fleurs ont besoin d'une main d'oeuvre abondante. Elles ont donc fait venir des habitants de tous les coins du pays. Or en janvier/février, les kikuyus, habitants originels de la région, ont décidé d'aller déloger violemment leurs voisins luos ou kalenjins pour se venger des exactions commises contre eux dans d'autres parties du pays. Le calme est maintenant revenu à Naivasha, mais les IDPs sont encore là pour montrer que le problème est en fait loin d'être résolu.
Justement samedi, à l'approche du camp, les voitures sont arrêtées au milieu de la route. On nous dit que la route est bloquée. On avance prudemment, des policiers qui ont l'air détendu nous font signe de continuer malgré la foule qui a envahi la route devant l'entrée du camp. On décide de passer tranquillement, les gens s'écartent et dans la bonne humeur nous lancent des "Raila ! Raila !*". Les IDPs manifestent pour rappeler leur présence et faire en sorte que le gouvernement ne les oublie pas trop vite.
Voilà, à part ça (et même en incluant ça, puisque l'"incident" qui n'en était pas un a duré à peine quelques secondes et fut plus instructif qu'effrayant), on a passé un bon week-end dans un de ces cottages en bordure de lac. Un week-end qui s'annonçait sous le signe de la Bretagne, tellement il crachinait méchamment à Nairobi le samedi, d'où un achat compulsif collectif de bottes en caoutchouc, mais qui s'est terminé sous une météo beaucoup plus clémente qu'on le craignait. Dommage, on était parés pour courir sous la pluie et sauter dans les flaques...
![]() |
| Naivasha (cliquez pour accèder à l'album) |
* Raila Odinga, candidat malheureux à l'élection présidentielle, originaire de l'ethnie luo, qui accuse le Président Kibaki de lui avoir volé la victoire.
vendredi 25 avril 2008
Rien...
lundi 21 avril 2008
Are you stupid or what, ou le récit d'un week-end théâtral à Mombasa
En plus comme je sais que les messages trop longs ça gonfle tout le monde, je vais raconter ça par morceaux. Comme ça on aura l'impression que je fais des posts tout le temps alors que pour de vrai je ne suis qu'une grosse flemmarde (vous voyez, même pas je tente l'excuse "j'ai tellement de boulot en ce moment", je suis plutôt honnête aujourd'hui).
Sur ce, rentrons dans le vif du sujet. Donc, le week-end pas dernier mais avant, on est parti à Mombasa pour jouer "Huit Femmes". Enfin moi je joue pas mais avec Lionel on faisait la régie, rôle oh combien essentiel. Je vous arrête là tout de suite les mauvaises langues qui disent que j'ai fait ça rien que pour avoir un week-end gratos à Mombasa offert: je me suis payé un an de répètes pour câler la musique, je vous montrerai la pièce pour que vous compreniez, donc je pense que je méritais bien mon week-end à Mombasa. Voir ma semaine à Madagascar et Maurice qui pourrait suivre. Mais ne vendons pas la peau du léopard avant de l'avoir tué.
Pas la peine d'entrer dans les détails, vous l'aurez deviné vu le titre de la pièce qu'il y avait donc huit actrices, ma foi un bel échantillon de la communauté française et belge au Kenya: Annick, Fabienne, Sandrine, Géromine, Nathalie, Katia, Gwen et Morgane (c'est dans n'importe quel ordre, pas de message caché là-dedans) (je dis ça au cas où une actrice traîne dans le coin, on sait jamais, ces temps-ci j'ai des surprises... et l'actrice a, parfois, un petit caractère un brin susceptible. Donc je préfère prévenir que guérir). Huit actrices, donc, et un metteur en scène. Daniel, seul, face à huit femmes. Enfin après il a pris un assistant metteur en scène, Bernard, parce que c'était dur quand même. Et puis donc pour couronner le tout deux techniciens de choc qui observaient tout ça en ricanant. Mais très professionnels, hein, les techniciens !
Bon ça y est c'est déjà trop long alors que j'ai même pas commencé le récit en lui-même ! Donc je m'arrête là pour le moment, la suite demain. C'est pas le tout mais j'ai un gigot à faire cuire pour le dîner, moi. Euh, Maman, c'est quoi la durée de cuisson du gigot ???




