samedi 23 août 2008

L'aigle

Un jour en revenant à la guest house le soir, dans le parking (qui sert accessoirement à entreposer du matériel de construction, me demandez pas pourquoi), je suis tombée nez à nez avec lui:

Il était tranquillement posé sur un tas de sable et il m'a laissée m'approcher très près de lui sans s'envoler.

Un autre jour je suis retombée sur lui. Et puis un autre. Du coup j'ai commencé à avoir un doute. Et le jour où il était juste à l'entrée du parking, posé à 2 mètres du gardien et de ses 5 copains qui parlaient bruyament, je me suis décidée à leur poser la question.

"Il fait quoi là cet aigle ?"

"Ben c'est l'aigle du patron"

"Mais il est tout le temps ici, il ne peut pas voler ?"

"Non, on lui a coupé le bout des ailes"

"Mais pourquoi ?"

"Ben... (regard totalement interloqué du gardien) pour pas qu'il puisse s'échapper !"

Suis-je bête ! Ben oui mais c'est bien sûr, pour pas qu'il puisse voler ! Bref, je me suis dit qu'une tirade sur la cruauté envers les animaux les laisserait complètement indifférents. J'ai plutôt décidé de tenter une approche de la pauvre bête, après m'être fait garantir qu'on pouvait le toucher sans se faire arracher un oeil d'un coup de serre. Il m'a regardé avec son oeil perçant en poussant un cri et quand mon doigt n'a été qu'à quelques centimètres de lui, il a essayé de l'attrapper avec son bec... Aucune reconnaissance avec les gens compatissants, j'vous jure !!! Ça a bien fait rire le gardien et ses potes en tous cas.

PS: je vous rassure, pas de mal ! C'était plutôt une sorte d'avertissement poli, genre "ôte tes sales pâtes de là". Ceci dit je me le suis pas fait dire deux fois, le message était assez clair...

mercredi 20 août 2008

Et l'an prochain...

Alors autant dire que l'expérience du sondage, je sais pas trop ce que je dois en penser. 6. C'est le nombre de réponses qu'il y a eu. Bon, ensuite c'est vrai que je l'ai laissé ouvert une semaine seulement ce sondage. Du coup j'ai appris que facile DEUX personnes au moins auraient aussi voté si j'avais été un peu plus patiente. Bref. En même temps me direz-vous, qu'espérer de plus vu que la fréquentation quotidienne de mon blog est en moyenne de 4 personnes. Dont deux fois moi parce que je suis pas sûre d'avoir très bien compris la manip de comment m'exclure du décompte. Enfin en ce moment c'est facile, j'exclut toutes les visites en provenance du Liberia ! Mais l'important ce n'est pas la quantité mais la QUALITÉ de mon audience, et je sais que j'ai les meilleurs lecteurs du monde donc c'est le principal !

Sur cette longue digression, venons-en au but de ce message: partager avec vous les résultats du sondage mais surtout... le choix qu'on a fait, vu que Lionel a envoyé hier ses choix définitifs. Je sens d'ailleurs qu'arrivés à la fin du message, vous allez me dire: elle nous gonfle, l'autre, avec ses 6 votants seulement, mais au final elle en a même pas tenu compte de nos avis, alors de quoi elle se plaint ? Et vous n'aurez pas totalement tort.

Pas totalement raison non plus car le grand gagnant de ce sondage, avec 33% des voix (donc 2 votes...) c'est Buenos Aires, et que Buenos Aires c'est notre 4ème choix sur 6. Je dois dire que pour de vrai, ca me tenterait grave. Mais stratégiquement Lionel pense qu'il a peu de chances, car c'est un poste très demandé et que Lionel ne parle pas espagnol, donc ils le filent probablement en priorité à des gens qui le parlent. Du coup on a préféré mettre des postes sur lesquels on a plus de chances aux premières places.

Bon sinon 2ème ex-aequo avec 16% des votes chacuns, Rabat, Ljubjana, Stockholm et Rangoun. Rabat est notre premier choix ! Bah oui moi ça me tente bien d'habiter au bord de la plage et puis pas trop loin de la France. Sauf que pour de vrai là où on veut vraiment aller c'est Phnom Penh, notre 2ème choix, parce que un jour à Nairobi, une nana qui avait passé 30 ans aux Affaires Etrangères m'a dit qu'on obtenait jamais son premier choix. Du coup elle, pour son poste suivant elle avait mis n'importe quoi en premier, et Tunis en second car elle voulait vraiment y aller... Croyez le ou non, elle a obtenu Tunis. Bref, ceci dit pour de vrai Rabat ça serait sympa quand même !

Stockholm et Ljubjana... Le prenez pas mal les gens qui ont voté pour ça, mais moi j'avais pas trop envie de rentrer en Europe. Soit je vais en France, soit je pars et dans ce cas là autant avoir un peu d'exotisme ! Donc ils ne sont pas dans notre liste. Quand à Rangoun... Aaaaahhhh, Rangoun... C'était mon rêve ! Malheureusement l'instance de décision pour cette liste c'était un peu comme le Conseil de Sécurité de l'ONU où vous auriez été les membres temporaires et nous les membres permanents: on a tous le droit de vote, mais nous on a un droit de veto (promis Perrine, un jour j'arrête mes pauvres références UN). Et ben pas de bol, Lionel sur ce coup-là a décidé d'exercer son droit de veto. Et malgré une longue tentative de négociation diplomatique, voire de corruption pour acheter son vote, je n'ai pas réussi à le faire changer d'avis. Donc, OUT la Birmanie.

A ce niveau là de ce message désespérément long, vous me dites: bon tu es gentille mais là on est complètement perdus. Oui ou m***e, tu nous dis ce que vous avez mis dans cette p****n de liste ? Je vous trouve pas très polis mais enfin je dois reconnaître que vous avez raison, ça commence à être un peu embrouillé cette affaire. Donc pour finir voilà la liste:

1. Rabat, Maroc
2. Phnom Penh, Cambodge
3. Saigon, Viet Nam
4. Buenos Aires, Argentine
5. Colombo, Sri Lanka
6. Singapour, Singapour

Voilà, les gagnants (c'est à dire ceux qui ont voté et puis même les autres parce qu'on est super gentils) ont gagné une semaine d'hébergement gratos et des conseils personnalisés par un guide touristique expérimenté pour l'organisation de leurs vacances dans le pays de notre future destination.

PS: et sinon pour vous prouver que même pas ça me pose problème d'afficher aussi ouvertement le fait que je n'ai que 2 lecteurs par jour, je vous colle un nouveau sondage, voir ci-contre.

dimanche 17 août 2008

Le détail insolite

Je mets fin au suspense insoutenable concernant le fameux "détail insolite" que j'évoquais dans mon précédent article sur le buffet du dimanche du Mamba Point Hotel (hôtel que je ne fréquenterai désormais plus vu qu'ils m'ont dimanche refusé l'accès à leur piscine sous le prétexte minable que je ne loge pas chez eux, bande de rats...).


Je remets donc ci-contre la photo originale avec entouré de rouge le détail insolite.



En plus grand ça donne ça:


Traduction: la buvette du bord de plage utilise des bâches de camps de réfugiés (reconnaissables au sigle UNHCR qui les orne) pour imperméabiliser ses toits. Nan mais c'est vrai, faut pas gâcher.

PS: bon pfff, je sais, c'est les vacances et tout, mais ça commence à être désespérant d'avoir un commentaire un message sur deux... Vous êtes là ou j'écris complètement dans le vent ?

Rencontre

Toujours dimanche dernier, à un moment un groupe de 4 jeunes m'a abordée pour me demander de les prendre en photo. Jusque là tous les gens que j'avais pris en photo s'étaient laissés faire en souriant, voire en me lançant des grands bonjour, ça ne m'a donc pas surprise.

Les jeunes avaient un look à l'américaine comme de nombreux jeunes ici, un peu baggy, un peu "bad boys". Après avoir pris une photo d'eux et la leur avoir montrée, ils m'ont dit avec un sourire malin: "Non mais ce qu'on veut c'est une photo de toi avec nous". Reflexe de la touriste, je dis non poliment, c'est le genre de coup à ce que le type fasse semblant de prendre une photo de toi et se tire avec l'appareil. Leur sourire en coin quand j'ai refusé me fait dire que je n'ai peut être pas eu une mauvaise intuition.

Et puis tout à coup je ne sais pas, j'ai commencé à me poser des questions en les regardant. Ces types de 20 ans et quelques, qui étaient-ils pendant la guerre ? Drôle d'impression. Et surtout ça fait toucher un peu du doigt les difficultés que peuvent rencontrer les gens d'ici à reprendre une vie "normale", alors qu'ils croisent peut être tous les jours dans la rue des personnes qui ont commis des atrocités qui ne seront jamais punies.

Finalement ça m'a fait penser à quelques articles d'un blog sur lequel je suis tombée un peu par hasard l'autre jour, le récit d'une psy française qui a travaillé sur un programme de réhabilitation des enfants-soldats libériens. Je m'y connais mal, donc je vous invite à lire ses articles si vous voulez le vrai regard d'une personne qui sait de quoi elle parle.

De mon côté, je ne saurai évidemment jamais qui étaient vraiment ces jeunes. Après mon refus ils se sont désintéressés de moi et éloignés tranquillement. Et moi j'ai continué ma ballade.

PS: J'ai lu aujourd'hui qu'une étude d'une ONG américaine avait établi qu'un tiers des libériens avaient combattu à des niveaux divers pendant la guerre civile, nombre d'entre eux contre leur gré. Juste un chiffre, comme ça, qui fait refléchir sur ce que peut être aujourd'hui la société libérienne...

Monrovia

Donc, dimanche dernier j'ai pris mon appareil photo pour essayer de capturer un peu l'esprit de cette ville. Je mets quelques photos ici, et les autres sur un album Picasa pour plus de facilité.

Le plus surprenant quand on est habitué à Nairobi, où les quartiers sont clairement ségregués en fonction de l'appartenance sociale, c'est de voir ici au contraire le mélange entre les immeubles aisés des expats et des quelques libériens de la classe supérieure et les baraques en tôle ondulée des autres... Ceci dit les immeubles aisés sont quand même soigneusement entourés de murs hauts surmontés de fils barbelés.. Toutes les photos ont été prises dans le même quartier, autour de là où j'habite et là où je travaille, Mamba Point, ce qui vous donne une idée de cette diversité.


La ville porte aussi les marques de la guerre bien entendu. On voit de nombreux immeubles et maisons à moitié détruits et sans fenêtres... Pourtant nombre d'entre eux ont du linge qui pend aux balcons, preuve qu'ils ont été colonisés par des squatteurs peu fortunés. Le processus de reconstruction, et donc notamment de réhabilitation de ces bâtiments, est en cours, mais très lentement.

Est-ce à cause de la guerre que les gens ont cette sorte d'obsession de la propreté? En tous cas où qu'on se promène dans la ville, il y a toujours du linge qui sèche de partout, voire même des paires de chaussures soigneusement alignées pour les faire sècher au soleil.

Voilà, demain je vous raconterai les rencontres étranges qu'on peut faire dans les rues, et puis ensuite ce fameux détail insolite sur la photo de l'autre jour. Et un jour aussi je vous dirai finalement dans quel pays on risque d'aller l'an prochain... En attendant vous pouvez cliquer sur la photo ci-dessous pour voir plus de photos de Monrovia.
Monrovia

dimanche 10 août 2008

Le buffet du dimanche au Mamba Point Hotel

J'ai décidé de lancer une nouvelle rubrique (et oui, encore une !): un guide gastronomique de Monrovia. Attendez, ne riez pas, qui sait si dans quelques années la top tendance ne sera pas de venir passer des vacances ici à se faire dorer les miches sur Poo Beach ??? On peut rêver. En tous cas je risque pas de vous embêter longtemps avec cette nouvelle lubie vu qu'il y a trois restos dans la ville... C'est l'avantage !

Bref, aujourd'hui dimanche j'ai décidé d'aller déjeuner dehors. Je suis allée à dix mètres de ma guest house, à l'hôtel le plus célèbre de Monrovia, le Mamba Point Hotel. Bon, originalement je visais le Sushi Bar et ses succulents Prawnz Tempura goûtés lors de ma dernière visite. Mais justement il est fermé le dimanche midi. Le serveur m'a donc suggéré de me rabattre sur le Italian Buffet, 15 dollars tout compris.

J'ai donc choisi une petite table sur la terrasse avec vue sur la mer et je suis partie voir un peu à quoi ça ressemble un Italian Buffet à Monrovia. Sur la photo de la vue ci-dessous se cache un détail incongru, sauras-tu le retrouver ? Réponse dans quelques jours.


Ci-dessous, l'assiette de plats principaux. Vous noterez que question tabasco on rigole pas au Liberia, ils vous collent sur la table une bouteille plus grande qu'une cannette de coca, au cas où...


Le résultat était pas trop mal, bon, faut quand même reconnaître qu'un repas uniquement constitué de pâtes de sortes diverses et variées c'est vaguement étouffe chrétien au bout d'un moment. Surtout quand les types rajoutent des morceaux de POMME DE TERRE dans leurs spaggethis au pesto (je rêve...). Enfin évidemment ça vaut pas un dîner chez David, notre resto italien fétiche de Nairobi, mais on peut pas tout avoir, ET la vue sur la mer, ET le super resto...


J'étais arrivée relativement tôt, la terrasse s'est ensuite remplie progressivement, proportionnellement au parking qui s'est petit à petit couvert de gros 4X4 blancs estampillés UN ou Croix Rouge. J'ai donc fini par laisser la place à mes amis expats et suis partie faire une petite ballade digestive dans Monrovia. Les photos suivront.

vendredi 8 août 2008

Liberia + 10

Quelques chiffres pour résumer mes 10 premiers jours au Liberia.

57 cafards tués (j'ai arrêté et décidé de me lancer dans une politique de cohabitation pacifique, je ne pourrai pas gagner contre eux...).

1 cambriolage à mon bureau, 1 500 dollars d'envolés, et 4 000 Kenyan Shillings (mais RIEN n'appartenant à l'UNOPS... j'ai vraiment du bol).

4 français rencontrés, dont le responsable de la sécurité de l'UNICEF dont j'ai fait la connaissance "grâce"au cambriolage et qui semble m'avoir un peu prise en pitié et depuis vient voir presque chaque jour si on s'en sort. Je sais pas trop comment je dois le prendre, mais ceci dit c'est super gentil.

5 jours de pluie (mais ça va pas dans le sens d'une amélioration, donc les stats de la semaine prochaine devraient être moins bonnes...).

9 jours de travail, 1 journée de glandouillage.

2 bouquins lus sur 6 emportés.

1 film regardé sur 24 emportés (oui, j'avais VRAIMENT peur de m'embêter).

3 épisodes de la saison 3 de Weeds, il m'en reste 10 à regarder, plus l'intégrale de Six Feet Under...

Et les autres soirs j'ai fait quoi ? J'ai bossé ! Oui, j'ai une vie passionnante.

jeudi 7 août 2008

Home, sweet home

Je loge dans un petit appartement meublé. Un salon , une chambre, une cuisine, bref un truc beaucoup plus agréable quand on reste plusieurs semaines qu’une bête chambre d’hôtel. Le seul petit souci, c’est ça:



Bon, heureusement j’avais été prévenue par ma collègue qui m’a précédée en ces lieux, du coup j’ai apporté avec moi mon copain Doom. Ben oui, DOOM:


Je passe donc des soirées très amusantes a shooter des cafards avec Doom. J’ai même perfectionné ma technique pour savoir exactement quelle quantité de Doom il faut pour tuer un cafard. J’essaie de ne pas gâcher le Doom, histoire d’en avoir le plus longtemps possible, car il paraît que les produits vendus localement ne sont pas aussi efficaces.

Tout ça pour dire que si quelqu’un connait un moyen de se débarrasser durablement de ces bestioles, je suis preneuse !!!

Sinon je vous montre une petite photos extérieure de ma maisonnette.


On voit pas comme ça, mais derrière le grand mur surplombé de fils de fers barbelés, il y a la mer. Enfin il y a Poo Beach, pour être exact. Mais après Poo Beach, la mer.

Oui je sais, ça ressemble un peu a un bunker, mon affaire. Mais enfin vous excuserez les habitants, qui avec 15 ans de guerre civile plutôt sur-violente ont transformé leurs habitations en bunkers. On connait des endroits ou il n’y a pas eu de guerre civile et pourtant ça n’empêche pas les habitants de transformer leurs maison en bunker…

Ceci dit, malgré le mur, j’entends le bruit des vagues, et je profite de la brise fraîche de l’océan qui rend le climat très supportable. Alors je ne me plains pas.

mercredi 6 août 2008

Re-Monrovia

De retour au Liberia pour une mission d’un mois. Je dois dire que je suis assez contente de revenir, la première mission m’ayant un peu frustrée car je n’avais pas trop eu le temps de découvrir le pays. Pas que je vais vraiment y arriver cette fois-ci, on est en pleine saison des pluies et avec ses 250 km de routes goudronnées parsemées de nids de poule, le Liberia ne se prête pas trop au tourisme. Mais au moins je vais pouvoir un peu mieux prendre le pouls de la ville, pouvoir partir en disant vaguement que Monrovia, je connais.

Bon, un peu dur de savoir par ou commencer, je n’ai pas de voiture et personne pour me guider dans la ville (SOS détresse amitié, personne connait des gens au Liberia ? Pfff, je n’ai aucune envie de fréquenter mes collègues en dehors des heures de bureau… Du coup je suis un peu esseulée). Mais rien que se balader dans les rues est agréable, dans cette ville foutraque, couverte de cicatrices mais tellement vivante, qui est a mille lieux de Nairobi.

Points notables de la journée: j’ai croisé des tripotées de gamins dans la rue et pas un seul ne m’a poursuivie en criant “Muzungu” ou quelque autre équivalent local. Bon, ils en ont vu d’autres, les gamins de ce pays. J’imagine qu’un blanc qui se ballade n’est plus vraiment assez pour les faire lever la tête. Mais marrant quand même. En revanche un type m’a hélée en me disant “Bonjour, comment ça va?”. En français. Pas compris pourquoi une blanche qui se promène est fatalement française? Je vous tiens au courant si je résous ce mystère.