mercredi 25 juillet 2007

Le safari pour les nuls

Le week-end dernier, c’était safari. J’envisageais de vous raconter ça un peu sur le ton des récits précédents, et puis je me suis dit qu’il serait peut être bon de vous faire un petite briefing sur les safaris, ses règles et son vocabulaire d’initié, histoire d’être sûre que tout le monde me comprenne. Comme y’a des choses à dire, on va commencer par une première leçon consacrée aux zanimaux de la brousse.

Parce qu’il faut savoir que les animaux ne sont pas tous égaux devant l’œil expert de l’aventurier du week-end. C’est donc tout un art de ne pas s’extasier devant n’importe quoi. On repère vite le débutant qui s’extasie devant un bête zèbre, mais on l’identifie aussi facilement au fait qu’il ne s’extasie pas avec suffisamment de ferveur devant un léopard. Bref, quelques explications.

La grande règle générale à retenir est que l’herbivore est moins intéressant que le carnivore. Les zèbres, les gnous, les gazelles et autres antilopes de tout poil, c’est mignon mais enfin, c’est d’un commun ! Ensuite perso je garde une petite affection particulière pour les girafes. Ben c’est quand même joli une girafe, non ? Quand aux éléphants, rhinos et hippopotames, ils ont un statut un peu supérieur dans la hiérarchie des herbivores. Surtout les rhinos noir, paske un rhino noir c’est pas facile à voir. D’ailleurs un rhino noir c’est pas noir. Tout comme un rhino blanc, c’est pas blanc. Mais je garde ce type de détail d’ultra-spécialiste pour en mettre plein la vue à ceux qui viendront me voir et avec qui je vais pouvoir me la jouer la chauffeuse de safari qui s’y connait trop bien en animaux.

Bref, enfin n’empêche que le carnivore c’est toujours mieux. Le fauve, le vrai. Et surtout le lion, le léopard et le guépard. La hyène n’est pas sur le podium. Désolée, la hyène. Dans les trois il faut le savoir, le plus top moumoute, c’est le léopard. Parce que le léopard étant un animal nocturne qui de plus vit dans les arbres, c’est pas facile à spotter. Et forcément, c’est la bête loi du marché, plus c’est dur à voir, plus on est content quand on le voit.

Ensuite il y a des niveaux dans le léopard. Genre entrapercevoir en plissant les yeux et en y mettant une pointe d’imagination un léopard que le chauffeur de matatu* d’à côté vous indique parce que vous auriez été bien incapable de le voir vous-même tellement il est bien caché sur sa branche d’arbre au milieu du feuillage touffu d’un accacia, ça compte moins que voir un léopard traverser paresseusement la piste devant votre 4X4 pour aller manger un bébé gnou à 10 mètres de là.

En fait y’a des niveaux dans tout. C’est l’autre paramètre à prendre en compte. Genre voir des bébés c’est mieux que voir des grands. Les voir jouer avec leur môman que c’est cromeugnon, ça compte vachement plus. Voir un papa lion avec une belle crinière ça rapporte plein de points, mais ça c’est juste paske Lionel en a jamais vu et que donc ça va l’énerver si vous lui dites. En revanche, si le papa lion fait des câlins à la maman lion, là ça compte vraiment double. Et le top du top c’est de voir une chasse. Genre la meute de lionnes affamées qui massacrent sous vos yeux un pauvre petit gnou innocent qui a été trop imprudent dans la folle inconscience de sa jeunesse et s’est isolé du troupeau. Ça c’est trop cool.

Enfin, dernier paramètre à prendre en compte, la mise en situation géo-spaciale. En gros, voir un lion au Parc du Tsavo West qui est le Parc où on voit jamais d’animaux parce que la végétation est trop touffue, ça compte plus que voir 49 lions au Maasai Mara où il y en a des troupeaux entiers qui font la sieste à tous les coins de piste. Tout comme spotter un lion tout seul comme un grand parce que on passe au bon moment au bon endroit, ça compte plus que repérer de loin un attroupement de 27 matatus et en déduire qu’il y a forcément un truc intéressant par là-bas mais on sait pas vraiment quoi vu qu’il y a trop de matatus qui cachent la vue, mais le japonais tout devant il a dit qu’il y avait 18 lions, voui madame, 18 !


Voilà, avec ça je devrais être capable d’aborder mes récits de safari avec un public un peu plus averti en face de moi… A propos, vu que le but quand même de ce post à l'origine était de vous parler de mon week-end dernier à Amboseli, ci-dessous, as usual, un accès vers l'album photo.

Amboseli

* Matatu de safari (à ne pas confondre avec le matatu de ville) : mini-bus rempli de touriste que l’on croise très fréquemment sur les pistes des Parcs Nationaux. Autant dire que ça, ça rapporte 0 point quand on en voit…


3 commentaires:

Stéphane a dit…

T'es injuste avec les gnous. J'aime bien les gnous, moi.

Anonyme a dit…

Non sérieux, Lionel a jamais vu de lion mâle avec une belle crinière??? Le comble!
C'est combien d'étoiles la scène de la lionne s'attaquant a un gnou pendant la migration des gnous?
eh eh eh

Oriane a dit…

Euh, ai-je oublié de dire que ça compte pas si ton appareil photo s'est mis en veille automatique au moment où la lionne commençait son attaque et que donc tu as raté le plus beau film de ta life ???