…ou pourquoi promis, juré, craché, plus jamais je ne me moquerai de Lionel quand il prend son GPS pour partir en safari. Bon, qu’on se mette tout de suite d’accord, notre GPS n’a rien de rien à voir avec ceux dont semblent maintenant être massivement équipées les voitures françaises. Le notre y’a pas de carte pré-enregistrée. Fais pas le gnou, faudrait d’abord que ça existe, une carte exacte et fiable du Kenya ! (Ceci est un message subliminal à M. Michelin, please, viens chez nous) Ensuite, je vois pas l’intérêt d’avoir un truc qui te dit « dans 300 m, prenez la sortie numéro 16 en direction de Provins » (oui Provins et non je ne dis pas ça au hasard mais j’avais une bonne raison d’y aller). C’est très pratique en France peut-être, mais au Kenya les sorties sont pas numérotées. D’ailleurs y’a pas de sorties d’autoroute rapport à ce qu’il y a pas d’autoroutes. Enfin bref.
Donc notre GPS d’aventurier, c’est un truc qui a un simple écran noir et blanc avec un petit bonhomme qui t’indique ta position absolue sur terre (longitude – latitude tout ça) par rapport à rien. Ensuite il enregistre le parcours que tu effectues et toi tu peux mémoriser des points où tu te trouves, genre la gate du Parc, le camping, le lodge, les lions (c’est toi qui voit, quoi), etc. Tu peux aussi sur la route enregistrer l’endroit où il faut bifurquer pour aller à tel ou tel endroit, rapport à ce que le panneau indicateur est rare sur les routes kenyanes. Bref, c’est utile quand tu vas dans un endroit paumé ou quoi.
Ça semblait moins évident pour notre safari du week-end dernier. On allait dans un Parc où on avait déjà été moultes fois, donc on connaissait la route par cœur et on savait qu’il était facile de se repérer sur les pistes bien indiquées d’Amboseli. Bref, j’ai imprudemment laissé fuser une remarque sarcastique en direction de Lionel comme quoi je le soupçonnais d’emporter le GPS juste pour en mettre plein les yeux à sa chef intérimaire qu’on emmenait avec nous, histoire de lui montrer qu’on était des vrais aventuriers et tout ça. Pour tout dire, il n’a pas tout à fait nié.
Seulement je l’avoue platement, j’ai ravalé mes sarcasmes sur le chemin du retour. On a voulu faire un dernier petit tour dans le Parc avant de repartir et on s’est aventuré sur une sympathique piste qui longeait un joli marécage parsemé de zèbres, gnous et autres éléphants. Sauf qu’au bout d’une heure alors qu’on pensait être sur le point de rejoindre la piste principale, ben la piste sur laquelle on était s’est chafouinement arrêtée, comme ça, au milieu de nulle part ! Enfin pas tout à fait nulle part, disons plutôt au milieu d’un pâturage sauvage pour troupeaux de zébus de Maasaïs.
On s’approche donc d’un gentil berger Maasaï à qui grâce à mes cours intensifs de swahili j’ai pu demander où était la route pour atteindre la gate. J’étais toute fière de constater qu’il me comprenait, puisqu’il m’a demandé « quelle gate exactement ? ». Malheureusement quand j’ai précisé la gate, le Maasai est parti dans une grande explication dont je n’ai pas compris un traitre mot. Pour ne pas le mettre mal à l’aise, ni briser l’aura que ma phrase en swahili m’avait conférée parmi mes compagnons de safari, j’ai enchaîné vite fait sur une question plus simple « Et elle est loin cette route ? ». Sur quoi le Maasaï a ricané bêtement en disant « Oui ».
Bon, on ne s’est pas laissé décourager, et on s’est dit qu’après tout, ce qui pouvait être loin à pied avec un troupeau de zébus pouvait être tout près en voiture. Sauf que c’était un peu hasardeux de s’aventurer n’importe où, surtout dans une zone marécageuse et sans savoir si on allait vraiment dans la bonne direction. Et c’est là qu’on s’est souvenu du GPS. D’un coup d’un seul, notre minable équipée de touristes paumés s’est transformé en une équipe de choc du Paris-Dakar avec Lionel aux commandes et moi dans le rôle de la co-pilote, lançant du « Vas-y on est sur la bonne trajectoire, un peu plus vers le Nord, c’est bon, la piste devrait être dans 3,8 km » (ben oui, si vous avez bien lu, la piste qu’on avait suivie à l’aller, le gentil GPS l’avait gardée en mémoire, on savait donc où la trouver).
Et hop, en 15 min, on était back on track, sauvés ! Et la chef intérimaire effectivement impressionnée par le sang froid et l’efficacité avec laquelle nous nous étions sortis de ce mauvais pas (hum hum). Bref, donc, plus jamais promisjurécraché je me moque des gens qui prennent leur GPS en week-end.
PS : deux messages en une semaine, j’espère que vous apprécierez l'effort...
1 commentaire:
Je te rassure même avec un gps en France on arrive à se tromper !! Quant à l'Ile Maurice pas besoin ni de carte, ni de gps parce qu'il n'y a qu'une seule grande route, mais en revanche on a l'impression à certaines heures de la journée d'être place de l'Etoile !! Tout cela pour te dire que l'équipe MUMU (Franz, Chanchan et Yoyo) rentre tout content d'un magnifique voyage, et avec JOIE nous retrouvons le froid et la grisaille.
Enregistrer un commentaire