J'aime bien lire le blog de Maître Eolas qui fait des messages sur la Justice très intéressants et pointus sans être incompréhensibles pour les non-initiés (c'est une invitation à y faire un tour, même s'il sera probablement un peu trop critique envers Madame Dati aux yeux de Papa...). On y apprend plein de choses sur un milieu passionnant mais finalement relativement mal connu tant qu'on y est pas confronté directement. Un milieu dont les journaux ne parlent en général que pour en raconter les dysfonctionnement, lorsqu'un fait divers tourne au drame.
Bref, cette lecture a tendance à aiguiser ma curiosité pour le domaine, et du coup ces temps-ci je lis régulièrement les chroniques judiciaires des journaux kenyans. Des pages qui sont souvent très révélatrices d'un pays. Et du coup j'ai envie de vous faire partager deux petits faits divers, comme ça, choisis presque au hasard dans la page judiciaire du "Standard" d'aujourd'hui (pas traduit, j'aurais trop peur de me planter totalement dans les termes juridiques).
"A High Court Judge quashed a 20-year jail term for a man convicted of defiling a minor.
Judge M.M. yesterday ruled that the charge sheet did not state whether Mr. J.M.K.'s act was "unlawful". The charge also ommitted "without consent"."
Voilà alors on hurle haut et fort en France parce qu'un type soupçonné de viol a été relâché de prison à cause d'une faute de frappe... Mais au Kenya on en relâche un qui a été reconnu coupable (il avait été jugé en première instance) parce que le juge en appel note que l'accusation a oublié de préciser que ce dont elle l'accusait, un viol, était illégal.
"A Rongo magistrate has sentenced a man to two years in prison for stealing an iron sheet and being in possession of 1 roll of bhang.
Sr Resident Magsitrate D.K. handed M.O. the sentence after he was found guilty of the 2 charges.
The court was told that on December 7, last year, at K. in Rongai district, M.O. stole one iron sheet worth Sh. 500, the property of M.A. The court heard that on the same day, he was found in possession of one roll of bhang. O. beseeched the court for forgiveness, saying he was a sugarcane faremer who tried to earn a living lawfully."
Deuxième acte: on libère le type coupable de viol, en revanche on condamne à 2 ans de prison un gars qui a volé un bout de tôle ondulée d'une valeur, attention, de 5 euros ! Ouais, bon, il avait un peu de marijuana a côté, mais vu l'article je dirais à vue de nez l'équivalent de quelques grammes.
Je ne cite pas d'article de Maître Eolas en particulier, je dirais juste que ça me fait penser à ces discussions autour de la proportionnalité de la peine, du fait de tenir compte des perspectives de réinsertion tout cela... Du coup voir que ce petit cultivateur (rappelons accessoirement que le Kenya traverse en ce moment une sècheresse qualifiée par le Président de "Catastrophe Naturelle") va passer 2 ans en prison pour 5 euros et quelques grammes d'herbe... ça me laisse sans voix...
vendredi 13 février 2009
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