dimanche 2 novembre 2008

Comment je n’ai pas fait mon baptême d’hélicoptère

Le Liberia héberge l’une des plus importantes missions de maintien de la paix des Nati0ns Unies. 11 000 casques blues répartis à travers le pays. Et donc toute la logistique qui va avec. Il y a moins de 300 km de routes goudronnées au Liberia et il pleut 6 mois par an, et quand il pleut ici… il pleut vraiment ! Donc pendant cette période les routes sont complètement impraticables, de même que pendant une longue période après, le temps d’être remises en état, ce qui en fait parfois n’intervient pas avant la saison des pluies suivantes… Du coup il y a des endroits comme Pétaouchnokville dans le Sud Est du pays, où on a construit un bâtiment administratif, qui est à 700 km de Monrovia… et 3 jours de route !


Ça c’était pour vous planter le décor et expliquer pourquoi la mission des U*N a mis en place des vols d’hélicoptère qui chaque semaine desservent les coins perdus du Liberia, là où sont postées leurs troupes, et qu’accessoirement on a le droit de s’en servir gratuitement pour aller visiter nos projets. Le décor planté avait pour objectif que vous ne hurliez pas au scandale de comment ça, tout cet argent jeté par les fenêtres : le fait est que s’il n’y avait pas ça, ce serait vraiment difficile de travailler dans le pays.


Ceci étant dit, je dois dire que du coup j’attends depuis mon arrivée ici l’opportunité de pouvoir faire mon baptême d’hélico gratis. Je me dis qu’il y a bien un jour où on va devoir aller inaugurer un projet et où il faudra absolument que je me rende. En général c’est plutôt mes collègues qui en profitent, vu que c’est eux qui gèrent les projets alors que moi je suis plutôt au bureau à m’arracher les cheveux sur des problèmes administratifs ou à participer à des interminables réunions de haut niveau sans intérêt.


Sauf que sauf que… l’occasion s’est finalement présentée la semaine dernière. Grand chef, enfin Super Grand Chef (appelons-le SGC), number one de l’UN0PS genre au-dessus de lui il n’y a que Ban Ki-M00n, est venu visiter le Liberia. Le mauvais côté c’est que j’ai dû gérer toute l’organisation ce qui est propice au développement de stress intense et prolongé. Le bon côté c’est qu’on avait prévu de l’emmener à Pétaouchnokville inaugurer le bâtiment qu’on y a construit. Et que du coup il fallait y aller en hélico et que du coup il fallait que je me joigne au voyage. Je tenais enfin mon occase !


Malheureusement c’est bien connu, dans ce genre de mission rien ne se passe comme prévu et le programme a été modifié environ 450 fois les jours précédents l’arrivée de SGC. Et je dois avouer que j’ai sabordé moi-même mon baptême d’hélico en constatant qu’on arriverait jamais à faire tenir tous les rendez-vous qu’on voulait si SGC allait couper des rubans à Pétaouchnokville toute une journée. Je lui ai donc à contre-cœur recommandé d’annuler cette partie du programme. Et il a approuvé.


Ceci dit il y a plus ou moins une justice puisque l’inauguration en elle-même n’a pas été annulée pour autant mais on a envoyé des collègues y représenter notre noble insitution… sauf qu’ils ont passé 3 heures et demi dans les airs et ne se sont jamais posés à Pétaouchnokville, faute de trouver une éclaircie propice à un atterrissage, la saison des pluies ayant décidé de faire un peu de rab cette année. Et que autant ça me dirait bien de me faire un vol en hélico, autant passer 3h30 coincée dans une espace confiné avec des boules quies dans les oreilles pour supporter le bruit suspendue entre la terre et le ciel, ça me fait pas rêver…


Demain je vous raconterai comment en revanche j’ai rencontré Ellen.

3 commentaires:

Perrine a dit…

Oh chic, j'ai hate de savoir comment tu as rencontre Ellen!
Sinon, pour faire un tour en helico, suffit de se faire rentrer dedans par un skieur, c'est pas bien complique pourtant, je comprends pas comment tu y as pas pense avant!

Anonyme a dit…

Jalouse, Lucette ?
Mm

Oriane a dit…

Hin hin hin, dans les dents la Perrotte ! Bien envoyé, Maman !

De toutes façons tu m'expliques comment je me fais rentrer dedans par un skieur au Liberia ??? Tout le monde n'a pas la chance d'habiter à une demi-heure des pistes...