vendredi 24 octobre 2008

Back again

Bon ben voilà, petite semaine de « break » à Nairobi terminée. Je vous aurais bien collé quelques photos de mon sympathique week-end de 3 jours au Island Camp de Baringo = lodge perdu sur une île au milieu d’un lac avec piscine + accessoirement des compagnons sympathiques, mais j’ai laissé toutes les photos à Nairobi, gourde que je suis. Je suis donc de retour à Monrovia, et a priori VRAIMENT pour la dernière fois. Séjour prévu de 3 semaines, retour définitif à la maison le 15 Novembre maximum.

J’ai donc pris une nouvelle fois le vol KQ508 de la Kenya Airways (3314 miles sur ma carte Flying Blue). J’y avais un voisin tout à fait intéressant. Un libérien qui chaque fois qu’une hôtesse passait lui demandait une mignonnette d’alcool (tout y est passé : vodka, whisky, Amarula même…). Au début je me disais, et voilà avec mon bol, je suis encore à côté d’un alcoolo qui va picoler tout le voyage. Sauf qu’en y regardant de près je me suis rendue compte qu’il ne les buvait pas, les bouteilles. Une fois que l’hôtesse s’était éloignée, il les planquait direct dans sa banane autour de sa taille.

En fait, une fois que le repas est arrivé, il a même planqué TOUS les plats, l’un après l’autre, dans le sac à vomi. Même le plat chaud et tout. Sac à vomi qu’il a mis discretos dans un sac en plastique du duty free de Nairobi pour embarquer le tout en sortant de l’avion.

Du coup je m’interroge. Il avait vraiment pas faim et voulait garder ça pour son repas du soir parce qu’il déteste se faire à manger lui-même ? Il avait oublié d’acheter des souvenirs pour sa famille et du coup il s’est dit « tiens, je vais leur offrir le poulet-gnocchi-sauce au fromage de Kenya Airways, ils vont adorer » ? Si vous avez une idée, n’hésitez pas.

mardi 14 octobre 2008

Bon oh c'est quoi ça ?

Ça fait trois messages que je publie et que je n'ai AUCUN commentaire ! Je sais bien que c'est la rentrée, qu'on a pris ses bonnes résolutions, qu'on a promis de plus trainasser sur internet quand on est au boulot, tout ça. Mais quand même, quoi ! Où qu'y sont les 25% qui s'inquiétaient de ma santé mentale au Liberia, et qui ne viennent jamais laisser un petit message pour me montrer que je ne suis pas seule et que je peux compter sur eux pendant cette dure épreuve que je traverse ???

Ben heureusement que je suis sur le point de partir me faire une petite semaine de resourçage (orthographe ? existence du mot ???) au Kenya, parce que si on devait compter sur vous... Et oui, vous avez bien compris le sens caché de cette phrase qui signifie qu'après je reviens ici car on a encore rallongé ma mission d'un petit mois. J'en suis plus à ça près, en même temps.

Bref, sinon je trouvais que dernièrement ça manquait un peu de photo par ici donc je vous en colle quelques unes, d'une après-midi à la plage. Et non, pas de grand ciel bleu, vu que la saison des pluies n'en finit pas de terminer. Ceci dit crois moi que ça n'empêche pas qu'il fasse chaud. Ni que tu choppes des coups de soleil si tu mets pas soigneusement ta crème solaire indice 50 spéciale peaux sensibles, j'en suis (une fois de plus) la preuve vivante (merci de garder vos ricanements sarcastiques pour vous).

Comme tu vois on m'a emmenée sur une plage où c'est pas les mêmes clients que là où j'avais été la première fois. Et je dois dire que je m'en porte pas plus mal car tomber sur ses collègues en moule-b*te le dimanche en train de se siffler des bières sous un parasol, y'a mieux.

lundi 13 octobre 2008

Princess

Au Thinkers, un hôtel au bord de la mer, ils ont une petite chimpanzée, Princess. La journée, elle est enfermée dans une cage minuscule, et apparemment le soir ils la laissent se promener dans le jardin. On s'est arrêtés près de sa cage l'autre jour, elle gigotait dans tous les sens, se pendant aux barreaux, sautant d'un côté à l'autre, se balançant, d'un air qui laissait clairement comprendre qu'elle n'en pouvait plus de cette cage qui la rendait folle.

Elle s'est approchée de nous, a passé sa main à travers la grille et a attrappé doucement ma main, elle pensait probablement que je lui apportais quelque chose. Ses doigts se sont refermés sur mes doigts. Et je ne sais pas comment dire: ça m'a bouleversée de voir cet être tellement proche de nous, de sentir cette main qui est presque une main de petit d'homme, et de voir dans ses yeux tellement de tristesse d'être enfermée.

Bon je refais pas la même histoire qu'avec l'aigle, vous avez compris le degré de sensibilisation chez les libériens au respect des animaux tout ça. Pour eux c'est une sorte de jouet qu'ils promènent fièrement sur la plage le dimanche et lui enfilant un jean pour faire rire les badauds. Et je ne suis pas sûre qu'on ait forcément de leçons à donner. Mais en tous cas cette rencontre m'a vraiment marquée.

dimanche 12 octobre 2008

Le Liberia aussi c'est dangereux

L'autre jour, dans le rapport relatant les incidents sécuritaires de la semaine passée

“Death : 1
UNM1L Contingent - Sustained a fatal gunshot wound whilst cleaning his AK-47”

Bon je sais, pour de vrai c’est même pas drôle. Mais je trouve que ce genre de mort à un côté tellement absurde et inutile que s’en est presque fascinant.

PS1 : traduction pour les anglophobes : un soldat de la mission de maintien de la paix de l'ONU a reçu une blessure par balle mortelle en nettoyant sa Kalashnikov.

PS2 : ce message fait un peu écho à un message lu sur un autre blog mais dont je n’ose donner le nom et l’adresse car je sais que l’anonymat lui tient à cœur… mais je pense qu’il se reconnaîtra.

mardi 7 octobre 2008

Aheum

Alors voilà. Aujourd'hui je comptais, d'humeur moqueuse, mettre en ligne un message léger, rédigé hier, dénonçant la rapacité mal placée de certains de mes chers collègues. Et puis cet après-midi on a reçu un mail du directeur de l'UN0PS pour nous informer que la voiture de collègues en mission en Somalie avait été touchée par une explosion. Le chauffeur est décédé. Mes collègues, dont un d'entre eux travaille dans le même bureau que moi à Nairobi, sont légèrement blessés, mais surtout j'imagine pas mal secoués car il y a des aventures plus agréables à vivre.

Du coup mon petit mail un peu facile sur les Nati0ns Unies me semblerait presque déplacé. Parce que quelque part les fameuses allocations "sécurité" et compagnie, elles sont là un peu à cause de ça. Parce qu'il y a des gens qui prennent de vrais risques. Et en plus le collègue de Nairobi en question fait justement partie de ces gens qui y croient et qui sont prêts à mouiller leur chemise pour faire marcher les projets dont ils s'occupent.

Bref, je laisse quand même le message en question, ci-dessous. Quelque part ça vous donne un aperçu des deux côtés du tableau comme ça.

PS: rassurez-vous les amis: la situation au Liberia n'a bien heureusement rien à voir avec la situation actuelle en Somalie. Et je ne compte pas mettre les pieds là-bas. En fait vu les circonstances je pense que plus personne de l'UN0PS ne compte mettre les pieds là-bas avant un certain temps...

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Bon c'est pas mon style d'en remettre des couches sur des caricatures déjà trop faciles, et de rajouter de l'eau à un moulin qui n'en a vraiment pas besoin pour tourner tout seul... Mais je dois dire que parfois les gens aussi le font un peu exprès ! Pour exemple ce charmant collègue d'une "agence-soeur" des Nati0ns Unies avec qui j'avais l'autre jour cette discussion tout à fait intéressante:

- Ça fait combien de temps que tu es au Libéria ?

- Depuis 2004. Mais j'ai terminé, je pars dans un mois, j'ai trouvé un nouveau poste au Sud-Soudan.

- Et tu viens de quel pays ?

- D'Erythrée.

- Ah, et ça te manque pas trop ? Tu n'as pas envie d'essayer de trouver un travail là-bas ?

- Ben non, si je retournais en Erythrée, je ne pourrais pas avoir un statut d'expatrié. On s'habitue à l'argent, alors ce serait difficile de revenir à un salaire local.

- ...

- C'est comme pour mon prochain poste: on me proposait aussi de travailler à Nairobi, mais là-bas tu n'as pas tous les suppléments de salaires que tu reçois quand tu es dans un pays classifié "dangereux" (NDLR: là je vous traduis un peu parce que à ce niveau là il a inséré tout un tas de jargon incompréhensible quand tu ne bosses pas aux UN... Genre "tu n'as pas le SOLA, le Hazard Pay et les R&R"). C'était pas possible pour moi, maintenant je suis habitué à un autre train de vie.

Comment ça, tu ne travailles donc pas aux UN parce que tu veux aider à instaurer la paix dans le monde et à éradiquer la pauvreté (pour tout le monde et pas que pour toi, j'entends). Bon ouais, pas que j'y croies vraiment, mais ça fait toujours un peu mal de se rendre compte que les gens disent les choses aussi crûement et sans même faire semblant.

Le pire c'est qu'il avait une possibilité en OR d'expliquer autrement pourquoi il ne rentrait pas en Erythrée: après cela, il m'a raconté que quand il a eu son poste au Liberia, le Gouvernement Erythréen a refusé de lui octroyer un visa de sortie du territoire (je connais mal donc je vais pas essayer d'étaler ma science, mais en gros le gouvernement Erythréen est pas vraiment des plus respectueux des libertés individuelles...). Du coup il a été obligé de passer illégalement la frontière avec le Soudan pour venir. Et il n'a pas vu sa famille depuis, celle-ci n'ayant jamais réussi à obtenir, forcément, de visa pour venir le voir. Donc cela rend un retour au pays pour le moins... difficile, vu qu'on peut pas dire qu'il soit dans les petits papiers de son Gouvernement.

Malgré cela la première raison qu'il a sortie, avec un naturel déconcertant, c'est l'argent. No comment.

jeudi 2 octobre 2008

Enfin !

Après avoir souffert de looooooongs dimanche sous la chaleur étouffante à désespérément essayer de convaincre les employés du Mamba Point hôtel de me laisser accèder au graal, enfin à leur piscine quoi, ou à parcourir les rues à pieds, envoyée à droite à gauche vers d'hypothétiques piscines qui se sont révélées soit inexistantes soit VIDES (oui, ça m'est arrivé une fois...), j'ai finalement réussi à trouver un plan piscine digne de ce nom. Enfin j'ai trouvé une gentille personne, Estelle, HR manager d'ACF (traduit en français ça donne: gestionnaire des ressources humaines pour Action contre la Faim) qui, ayant accès à une piscine, a bien voulu m'emmener avec elle, bénie soit-elle, Alleluia !

Non, parce que non seulement ça s'est effectivement avéré un moyen de passer des dimanche très agréables et beaucoup plus courts qu'avant (à moins que ce second aspect ne soit dû au fait que je me lève maintenant beaucoup plus tard le dimanche rapport à ce que Estelle a aussi accepter de me sortir les samedi soir ???), mais en plus c'est pas n'importe quelle piscine. C'est LA piscine idéale. Celle qui est... INTERDITE AUX ENFANTS !!!
Bon certes, au niveau du positionnement géographique, tu remarqueras que l'architecte de cette résidence aurait pu mieux faire: par exemple la piscine aurait pu être située avec vue directe sur la mer. Car oui c'est la mer que l'on entr'aperçoit sur la photo ci-dessous, là bas au loin derrière plein de grilles et entre les immeubles. Mais l'architecte, il a préféré mettre le court de tennis avec la vue sur la mer. Et la piscine avec vue sur le parking. Mais bon on va pas chipoter non plus, hein !


PS: tu m'excuses pour la médiocre qualité des photos, je sais, on voit rien sur la deuxième. Sauf qu'après avoir pris ces deux-là, j'aurais voulu essayer de trouver un meilleur angle mais le gardien de la résidence m'a sauté dessus en me disant qu'il était interdit de prendre des photos. Euh, pardon ? Ils seraient pas devenus un peu paranos, niveau sécurité, les libériens ?