mardi 29 avril 2008

Et pendant ce temps là à Naivasha

Le lac de Naivasha est situé à environ 1h30 de Nairobi, au fond de la Rift Valley. La route qui en fait le tour est bordée d'une série de campings, cottages et lodge de luxe qui permettent aux citadins de venir décompresser du stress urbain. On trouve aussi des alignements d'immenses serres couvertes de bâches blanches. Elles abritent des plantations de roses, celles-là même qui se retrouvent chez les fleuristes en Europe.

Les plantations de rose sont jouxtées de longues baraques grises et tristes toutes identiques, les habitations des ouvriers. Chaque bâtiment consiste en une suite de fenêtres et portes qui ouvrent sur ce qu'on devine n'être probablement que deux petites pièces au maximum par famille.

C'est un spectacle qui m'a toujours mise un peu mal à l'aise. D'un côté, comparé aux villages alentours où les maisons ne sont souvent que quelques planches en bois couvertes de tôle ondulée rouillée, les ouvriers ne sont pas si mal lotis. Surtout lorsque l'on sait qu'ils ont accès à l'eau courante, à des services de santé et que leurs enfants fréquentent gratuitement des écoles ouvertes juste pour eux.

D'un autre côté, on se demande si les gens ne sont pas parqués là pour être mieux surveillés. Et si ça ne limite pas dangereusement les velléités contestataires quand on sait que si on perd son travail, on perd du même coup son toit, l'accès à l'éducation pour ses enfants, les soins de santé, etc.

Un nouvel élément à fait son apparition au bord de la route du lac depuis février: le camp des IDPs (internally displaced people, personnes déplacées suite aux violences postélectorales). De loin, l'alignement de tentes blanches pourrait faire penser à une serre, mais on s'aperçoit vite que les tentes sont beaucoup plus petites, et les toiles frappées du sigle bleu des UN. Le tout entouré de barbelés, autant pour protéger les réfugiés que pour les contenir.

Les plantations de fleurs ont besoin d'une main d'oeuvre abondante. Elles ont donc fait venir des habitants de tous les coins du pays. Or en janvier/février, les kikuyus, habitants originels de la région, ont décidé d'aller déloger violemment leurs voisins luos ou kalenjins pour se venger des exactions commises contre eux dans d'autres parties du pays. Le calme est maintenant revenu à Naivasha, mais les IDPs sont encore là pour montrer que le problème est en fait loin d'être résolu.

Justement samedi, à l'approche du camp, les voitures sont arrêtées au milieu de la route. On nous dit que la route est bloquée. On avance prudemment, des policiers qui ont l'air détendu nous font signe de continuer malgré la foule qui a envahi la route devant l'entrée du camp. On décide de passer tranquillement, les gens s'écartent et dans la bonne humeur nous lancent des "Raila ! Raila !*". Les IDPs manifestent pour rappeler leur présence et faire en sorte que le gouvernement ne les oublie pas trop vite.

Voilà, à part ça (et même en incluant ça, puisque l'"incident" qui n'en était pas un a duré à peine quelques secondes et fut plus instructif qu'effrayant), on a passé un bon week-end dans un de ces cottages en bordure de lac. Un week-end qui s'annonçait sous le signe de la Bretagne, tellement il crachinait méchamment à Nairobi le samedi, d'où un achat compulsif collectif de bottes en caoutchouc, mais qui s'est terminé sous une météo beaucoup plus clémente qu'on le craignait. Dommage, on était parés pour courir sous la pluie et sauter dans les flaques...

Naivasha (cliquez pour accèder à l'album)


* Raila Odinga, candidat malheureux à l'élection présidentielle, originaire de l'ethnie luo, qui accuse le Président Kibaki de lui avoir volé la victoire.

vendredi 25 avril 2008

Rien...

Ben non rien, la flemme. Donc en attendant que je publie ce récit de théâtre, je mets une photo pour vous faire patienter. C'est pas moi qui fait des photos jolies comme ça, c'est Christian. Ça c'est pour le copyright...

lundi 21 avril 2008

Are you stupid or what, ou le récit d'un week-end théâtral à Mombasa

Bon oui je suis très en retard pour ce récit mais en même temps vous feriez mieux de pas trop vous la ramener parce que près de 20 personnes qui ont visité ce blog ces trois derniers jours (oui je sais, mes stats vous font pâlir d'envie...) et Rencontres en Développement a seulement 2 nouveaux adhérents sur veosearch !!! Et en plus je pense que la majorité d'entre eux sont dûs à la campagne active de Gwen et pas du tout à ce blog... Bref.

En plus comme je sais que les messages trop longs ça gonfle tout le monde, je vais raconter ça par morceaux. Comme ça on aura l'impression que je fais des posts tout le temps alors que pour de vrai je ne suis qu'une grosse flemmarde (vous voyez, même pas je tente l'excuse "j'ai tellement de boulot en ce moment", je suis plutôt honnête aujourd'hui).

Sur ce, rentrons dans le vif du sujet. Donc, le week-end pas dernier mais avant, on est parti à Mombasa pour jouer "Huit Femmes". Enfin moi je joue pas mais avec Lionel on faisait la régie, rôle oh combien essentiel. Je vous arrête là tout de suite les mauvaises langues qui disent que j'ai fait ça rien que pour avoir un week-end gratos à Mombasa offert: je me suis payé un an de répètes pour câler la musique, je vous montrerai la pièce pour que vous compreniez, donc je pense que je méritais bien mon week-end à Mombasa. Voir ma semaine à Madagascar et Maurice qui pourrait suivre. Mais ne vendons pas la peau du léopard avant de l'avoir tué.

Pas la peine d'entrer dans les détails, vous l'aurez deviné vu le titre de la pièce qu'il y avait donc huit actrices, ma foi un bel échantillon de la communauté française et belge au Kenya: Annick, Fabienne, Sandrine, Géromine, Nathalie, Katia, Gwen et Morgane (c'est dans n'importe quel ordre, pas de message caché là-dedans) (je dis ça au cas où une actrice traîne dans le coin, on sait jamais, ces temps-ci j'ai des surprises... et l'actrice a, parfois, un petit caractère un brin susceptible. Donc je préfère prévenir que guérir). Huit actrices, donc, et un metteur en scène. Daniel, seul, face à huit femmes. Enfin après il a pris un assistant metteur en scène, Bernard, parce que c'était dur quand même. Et puis donc pour couronner le tout deux techniciens de choc qui observaient tout ça en ricanant. Mais très professionnels, hein, les techniciens !

Bon ça y est c'est déjà trop long alors que j'ai même pas commencé le récit en lui-même ! Donc je m'arrête là pour le moment, la suite demain. C'est pas le tout mais j'ai un gigot à faire cuire pour le dîner, moi. Euh, Maman, c'est quoi la durée de cuisson du gigot ???

jeudi 17 avril 2008

En attendant, rendez-vous utiles !

Comme j’ai toujours pas fini le compte-rendu de mon week-end théâtresque (théâtreux ? ;-P ) à Mombasa (ben oui je suis en train de le corriger pour enlever toutes les méchancetés que je disais sur Géromine et Sandrine maintenant que j’ai appris que la sœur de cette dernière traînait par ici ;-) ), en attendant je fais une petite pub !

Avec des amis on essaie de monter un projet ici, en s’appuyant sur ces associations dont je vous ai déjà parlé qui travaillent dans des bidonvilles de Nairobi. On aimerait avec leur appui former quelques jeunes des bidonvilles issus de communautés différentes (je veux pas dire d’ « ethnies » différentes, je sais pas, ça me plaît pas…) à utiliser des caméras numériques pour ensuite les envoyer tourner un documentaire sur les violences du début de l’année… En gros leur donner la possibilité de montrer leur version des faits plutôt que de laisser toujours les autres parler à leur place.

Bref, tout ça pour dire que vous pouvez nous soutenir facilement ! Il suffit simplement d’utiliser www.veosearch.com : c’est un moteur de recherche qui donne exactement les mêmes résultats que google, sauf que si vous vous inscrivez et que vous sélectionnez notre association Rencontres en Développement, la moitié des revenus de la pub générés par l’utilisation de ce moteur de recherche seront reversés à notre association.

Si vous avez besoins de plus amples détails (on sait que certains handicapés du web fréquentent ces pages…) je peux vous envoyer un mode d’emploi détaillé. Mais c'est pas très compliqué vraiment (ma mère a réussi à le faire, c'est bien la preuve que...). Une fois que vous vous êtes inscrits, en fait c’est exactement comme utiliser son moteur de recherche habituel. Sauf que c’est pas le même. Sauf que ça nous rapporte de l’argent sans rien vous coûter, à vous ! ON A DEJA 6 EUROS !!!

Voilà, sinon bientôt on créé un site (euh, n’est-ce pas Fred et Gwen ?) pour tout expliquer et donner des nouvelles de l’avancement du projet. Et à part ça, si vous avez des vieilles caméras numériques ou du matériel type micros, trépieds ou quoi qui traînent chez vous… Ben quoi, on sait jamais ? On est preneurs !!!

PS : Dites-moi quand vous vous inscrivez sur veosearch… je peux savoir combien de personne nous soutiennent, mais pas leurs noms, protection de la vie privée oblige… donc j’aimerais bien savoir qui je dois remercier !!!

PS2 : Vous pouvez tester veosearch dans le menu à droite, en tapant votre recherche dans la barre prévue à cet effet.

lundi 7 avril 2008

Les résultats

Face à tant d'enthousiasme, je publie finalement les résultats du céquoidon. Le suspense est à son comble, je le sais, je ne vais donc pas vous faire attendre plus longtemps.

Photo numéro 1


Il s'agit de la surprise qu'on a eue en allant regarder après quelques mois de non-utilisation le contenu de notre piscine en plastique. Cet achat était je l'avoue un petit caprice de ma part. J'envisageais à l'époque d'y organiser des fantastiques apéros, la piscine ayant juste la bonne taille pour pouvoir s'asseoir dedans et poser son verre à côté. Sauf que je l'ai inaugurée une fois, et ensuite je n'y ai jamais mis le doigt de pied, l'eau étant beaucoup trop froide à mon goût. En revanche une tripotée de grenouilles des environs semble l'avoir beaucoup appréciée... Il s'agit bien en effet d'une colonie de tétards ! A part ça j'ai découvert hier que la piscine servait aussi d'abreuvoir à mon chat, qui trouve que boire dans son écuelle c'est un peu commun et surtout ça ne fait pas assez bête sauvage. Bref, encore un investissement tout à fait utile...



Photo numéro 2

Il s'agit bien d'un plafond avec un trou dedans... Mais comme je disais l'important est plus de savoir dans quelles circonstances c'est arrivé ! Et je dois dire que ce n'était pas facile à deviner. Car c'est un PIED qui a fait ce trou, oui madame ! Et non Dominique, ce n'est pas Chuck Norris qui est passé à la maison et a essayé de tuer une mouche d'un kick... C'est un des ouvriers qui venait traiter la charpente contre les termites qui a malencontrueusement glissé de la poutre sur laquelle il marchait directement à travers le plafond en contreplaqué ! Pour la petite anecdote, on aurait pu penser qu'après avoir fait une bourde pareil les types auraient fait attention... mais en fait non, cf la photo d'une autre pièce de la maison. Face à cela je m'interroge: des termites auraient elles été capables de faire de tels dégâts ?



PS: je rassure les âmes sensibles, je me permets de me moquer car visiblement personne n'a été blessé...

jeudi 3 avril 2008

Une nouvelle rubrique

Vu l'enthousiasme délirant qu'a déclenché ma première expérience de rubrique paricipative (le quizz auquel je vous rappelle fièrement que DEUX personnes ont répondu) j'ai décidé d'en relancer une autre. Le céquoidon, une nouvelle manière interactive de découvrir mon quotidien au Kenya. Et puis comme je me sens d'humeur généreuse, tiens, je vais même vous en mettre deux pour le prix d'un ! Le principe est simple, tu as déjà compris: il faut trouver c'est quoi donc sur les photos. Réponse pas avant d'avoir au moins TROIS PARTICIPATIONS, oui je sais, je suis un peu folle, j'ai des ambitions dingues pour ce blog.