vendredi 18 janvier 2008

Nouvelles du front

Une petite semaine après mon retour au Kenya, je me suis dit que vous seriez intéressés de savoir comment se passent les choses ici…

En fait à mon arrivée à Nairobi dimanche dernier, ce qui m’a le plus choquée était… l’aspect totalement normal de la ville ! Rien ou presque ne laisse deviner qu’une crise est en train de se dérouler. Sauf peut être les policiers qui gardent les entrées de Uhuru Park, le grand parc du centre ville dans lequel se déroulent traditionnellement les manifestations.

Je suis allée au supermarché, les rayons n’étaient même pas dévalisés. Du coup j’avais bien pensé à un moment être consciencieuse et faire quelques réserves de nourriture, « au cas où », mais j’étais pas inspirée par les boîtes de petits pois et ça m’a semblé un peu too much au vu de la situation réelle. Bon, j’ai quand même rempli mon réservoir de voiture d’essence, vu que l’approvisionnement ne semble pas très régulier, même si ça n’est pas encore trop difficile à trouver. Pas réussi non plus cependant à me motiver pour préparer un sac à emporter en cas d’évacuation d’urgence de ma maison. J’ai déjà mis assez longtemps à réussir à vider ma valise de France… Voilà, et puis la vie a en fait repris son cours de manière tout ce qu’il y a de plus normal, étrangement.

Evidemment, les troubles continuent, les manifestants continuent de tomber à un rythme régulier, mais heureusement moins élevé qu’il y a deux semaines. Le centre ville continue d’être bouclé la plupart du temps pour empêcher les manifestants de s’y rendre. Mais enfin y’a des gens qui arrivent quand même à y aller tous les jours pour bosser, comme l’héroïque et désormais célèbre cellule de crise de l’Ambassade de France ;-). Et la vie continue d’être très difficile dans les zones de bidonville de Nairobi, entre les violences internes, les pillages de magasin (et donc l’effondrement de toute l’économie dans ces zones-là) et de maisons, et les descentes de police pour arrêter les « agitateurs » présumés.

Je ne me risquerai pas à des analyses du pourquoi du comment parce que honnêtement, je m’informe du degré d’agitation et de sécurité ambiant, mais sinon avec le boulot bien chargé en ce retour de vacances je n’ai pas le temps d’approfondir vraiment les investigations… Je relativiserai juste l’aspect « ethnique » du conflit en disant qu’il y a, à mon humble avis, des aspects politique et surtout social qui sont beaucoup plus forts. Pour preuve, mes collègues kenyans qui sont un joyeux mélange ethnique n’ont pas arrêté de se parler du jour au lendemain à cause de tout cela, bien au contraire ! Je pense que la manipulation des foules sur le thème ethnique fonctionne en fait surtout chez les populations défavorisées qui sont exclues depuis trop longtemps et ont l’impression que c’est une fois de trop où elles se font avoir.

La question évidemment que tout le monde se pose désormais est : « et maintenant ? », car honnêtement personne ne voit trop quelle sera la solution. On verra, et votre reporter spécial au Kenya vous tient au courant !!!

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