jeudi 31 janvier 2008
Sans commentaire...
mercredi 30 janvier 2008
Le mystère des Croix Blanches
« Jean-Charles [son mari] vient de m’appeler, apparemment certaines maisons de la rue, dont la notre, ont été marquées d’une Croix Blanche, on ne sait pas par qui… Tout le monde est affolé, les voisins ont dit que c’était comme ça que les maisons à brûler avaient été marquées à Nakuru ! »
Branlebas de combat, une autre des « actrices » appelle son mari qui travaille à l’Ambassade de Belgique pour le prévenir, et ainsi de suite l’affaire fait vite le tour de la ville. Le lendemain au bureau, j’apprends que plusieurs rues de la ville ont été ainsi « marquées », certaines de mes collègues avaient une croix sur leur portail, bref, la psychose collective s’installe, et notre bureau décide d’envoyer illico presto un message sur le sujet au bureau de la sécurité des Nations Unies. Qui lance une enquête discrète sur le sujet.
Ce matin, on apprend le fin mot de l’histoire : en fait c’est Telkom Kenya qui est passé pour marquer les maisons pour lesquelles ils allaient devoir faire des travaux d’extension de câbles. Y z’auraient pas pu prévenir les gardes plutôt que de faire ça en loucedé sans rien dire ??? Non mais j’vous jure ! Enfin, au bout du compte c’est eux qui seront les plus embêtés le jour où ils vont vouloir commencer les travaux. Vu que tous les gens qui avaient une croix blanche sur leur portail se sont empressés de l’effacer.
lundi 28 janvier 2008
Une touche de légereté...
Toulousains lecteurs, n'en prenez pas ombrage, mais il faut que je plante le décor. L'auteur de la meilleure réplique de la semaine était un français qui arborait un beau t-shirt "Toulouse Rugby". Il nous a abordées sur l'indémodable : "c'est super moi aussi je suis français, vous venez d'où ?".
Moi - de Paris
Momo - de Haute-Savoie
Lui - et c'est où ça, au nord ou au sud de Paris?
Du grand.
A la base je comptais publier un photo-reportage exclusif de Momo à Kibera (le bidonville de Nairobi fief de Raila Odinga donc théâtre d'importantes violences ces dernières semaines), où elle est aller constater l'étendue des dégats, mais son appareil photo l'a lâchée. Donc fallait bien trouver autre chose...
jeudi 24 janvier 2008
Surtout...
Bon, hum, ceci dit c'est vrai que ça m'apprendra à dédramatiser dans les messages que j'envoie ;-) Et puis pour de vrai ben j'étais bien loin d'être enfermée dans ma cave cette dernière semaine, puisque la situation se calme de plus en plus, voire même Kofi serait en train de faire vraiment avancer les choses pour résoudre le conflit, enfin on verra, mais toujours est-il que dans la vie quotidienne... ben ça se resent toujours pas plus.
SAUF évidemment je suis privée désormais de mes visites dans le bidonville d'Huruma pour aller visiter les deux associations dont je vous avais parlé dans un précédent post. Et que ça, ça m'embête vraiment. Pour moi parce que j'aimais bien mes sorties "utiles" du week-end chez eux. Mais surtout pour eux parce que même si j'ai des nouvelles et qu'ils vont bien, j'ai un peu peur de comment je vais les retrouver. Peur que tous les efforts qu'ils faisaient, tous les projets qu'ils étaient en train de monter, tout ça soit réduit à néant. Comme pour beaucoup de kenyans en fait pour qui les épreuves ne sont pas prêtes d'être terminées !
A part ces quelques considérations généralisantes, je voulais aussi vous passer le lien suivant:
L’alternance brisée et la colère politique au Kenya
Parce que j'ai parfois un peu peur du caractère partial des infos qui semblent arriver jusqu'en France, notamment le peu de précautions que semblent prendre certains journaliste pour parler de l'aspect "ethnique" du conflit comme si s'en était la composante principale. Deux thésards français qui sont au Kenya en ce moment ont écrit cet article qui tente de donner une vision plus précise et complète de la situation et des causes du conflit. Je vous l'ai dit, moi, je me lance pas dans l'analyse, mais eux c'est un peu leur boulot et franchement en lisant l'article je me disais que c'est ça que j'aimerais pouvoir dire aux gens, et aussi clairement !, pour leur expliquer le pourquoi du comment. Donc allez y faire un tour si vous en avez l'occasion.
vendredi 18 janvier 2008
Nouvelles du front
Une petite semaine après mon retour au Kenya, je me suis dit que vous seriez intéressés de savoir comment se passent les choses ici…
En fait à mon arrivée à Nairobi dimanche dernier, ce qui m’a le plus choquée était… l’aspect totalement normal de la ville ! Rien ou presque ne laisse deviner qu’une crise est en train de se dérouler. Sauf peut être les policiers qui gardent les entrées de Uhuru Park, le grand parc du centre ville dans lequel se déroulent traditionnellement les manifestations.
Je suis allée au supermarché, les rayons n’étaient même pas dévalisés. Du coup j’avais bien pensé à un moment être consciencieuse et faire quelques réserves de nourriture, « au cas où », mais j’étais pas inspirée par les boîtes de petits pois et ça m’a semblé un peu too much au vu de la situation réelle. Bon, j’ai quand même rempli mon réservoir de voiture d’essence, vu que l’approvisionnement ne semble pas très régulier, même si ça n’est pas encore trop difficile à trouver. Pas réussi non plus cependant à me motiver pour préparer un sac à emporter en cas d’évacuation d’urgence de ma maison. J’ai déjà mis assez longtemps à réussir à vider ma valise de France… Voilà, et puis la vie a en fait repris son cours de manière tout ce qu’il y a de plus normal, étrangement.
Evidemment, les troubles continuent, les manifestants continuent de tomber à un rythme régulier, mais heureusement moins élevé qu’il y a deux semaines. Le centre ville continue d’être bouclé la plupart du temps pour empêcher les manifestants de s’y rendre. Mais enfin y’a des gens qui arrivent quand même à y aller tous les jours pour bosser, comme l’héroïque et désormais célèbre cellule de crise de l’Ambassade de France ;-). Et la vie continue d’être très difficile dans les zones de bidonville de Nairobi, entre les violences internes, les pillages de magasin (et donc l’effondrement de toute l’économie dans ces zones-là) et de maisons, et les descentes de police pour arrêter les « agitateurs » présumés.
Je ne me risquerai pas à des analyses du pourquoi du comment parce que honnêtement, je m’informe du degré d’agitation et de sécurité ambiant, mais sinon avec le boulot bien chargé en ce retour de vacances je n’ai pas le temps d’approfondir vraiment les investigations… Je relativiserai juste l’aspect « ethnique » du conflit en disant qu’il y a, à mon humble avis, des aspects politique et surtout social qui sont beaucoup plus forts. Pour preuve, mes collègues kenyans qui sont un joyeux mélange ethnique n’ont pas arrêté de se parler du jour au lendemain à cause de tout cela, bien au contraire ! Je pense que la manipulation des foules sur le thème ethnique fonctionne en fait surtout chez les populations défavorisées qui sont exclues depuis trop longtemps et ont l’impression que c’est une fois de trop où elles se font avoir.
La question évidemment que tout le monde se pose désormais est : « et maintenant ? », car honnêtement personne ne voit trop quelle sera la solution. On verra, et votre reporter spécial au Kenya vous tient au courant !!!