vendredi 16 novembre 2007

De l’utilité du GPS en safari…

…ou pourquoi promis, juré, craché, plus jamais je ne me moquerai de Lionel quand il prend son GPS pour partir en safari.

Bon, qu’on se mette tout de suite d’accord, notre GPS n’a rien de rien à voir avec ceux dont semblent maintenant être massivement équipées les voitures françaises. Le notre y’a pas de carte pré-enregistrée. Fais pas le gnou, faudrait d’abord que ça existe, une carte exacte et fiable du Kenya ! (Ceci est un message subliminal à M. Michelin, please, viens chez nous) Ensuite, je vois pas l’intérêt d’avoir un truc qui te dit « dans 300 m, prenez la sortie numéro 16 en direction de Provins » (oui Provins et non je ne dis pas ça au hasard mais j’avais une bonne raison d’y aller). C’est très pratique en France peut-être, mais au Kenya les sorties sont pas numérotées. D’ailleurs y’a pas de sorties d’autoroute rapport à ce qu’il y a pas d’autoroutes. Enfin bref.

Donc notre GPS d’aventurier, c’est un truc qui a un simple écran noir et blanc avec un petit bonhomme qui t’indique ta position absolue sur terre (longitude – latitude tout ça) par rapport à rien. Ensuite il enregistre le parcours que tu effectues et toi tu peux mémoriser des points où tu te trouves, genre la gate du Parc, le camping, le lodge, les lions (c’est toi qui voit, quoi), etc. Tu peux aussi sur la route enregistrer l’endroit où il faut bifurquer pour aller à tel ou tel endroit, rapport à ce que le panneau indicateur est rare sur les routes kenyanes. Bref, c’est utile quand tu vas dans un endroit paumé ou quoi.

Ça semblait moins évident pour notre safari du week-end dernier. On allait dans un Parc où on avait déjà été moultes fois, donc on connaissait la route par cœur et on savait qu’il était facile de se repérer sur les pistes bien indiquées d’Amboseli. Bref, j’ai imprudemment laissé fuser une remarque sarcastique en direction de Lionel comme quoi je le soupçonnais d’emporter le GPS juste pour en mettre plein les yeux à sa chef intérimaire qu’on emmenait avec nous, histoire de lui montrer qu’on était des vrais aventuriers et tout ça. Pour tout dire, il n’a pas tout à fait nié.

Seulement je l’avoue platement, j’ai ravalé mes sarcasmes sur le chemin du retour. On a voulu faire un dernier petit tour dans le Parc avant de repartir et on s’est aventuré sur une sympathique piste qui longeait un joli marécage parsemé de zèbres, gnous et autres éléphants. Sauf qu’au bout d’une heure alors qu’on pensait être sur le point de rejoindre la piste principale, ben la piste sur laquelle on était s’est chafouinement arrêtée, comme ça, au milieu de nulle part ! Enfin pas tout à fait nulle part, disons plutôt au milieu d’un pâturage sauvage pour troupeaux de zébus de Maasaïs.

On s’approche donc d’un gentil berger Maasaï à qui grâce à mes cours intensifs de swahili j’ai pu demander où était la route pour atteindre la gate. J’étais toute fière de constater qu’il me comprenait, puisqu’il m’a demandé « quelle gate exactement ? ». Malheureusement quand j’ai précisé la gate, le Maasai est parti dans une grande explication dont je n’ai pas compris un traitre mot. Pour ne pas le mettre mal à l’aise, ni briser l’aura que ma phrase en swahili m’avait conférée parmi mes compagnons de safari, j’ai enchaîné vite fait sur une question plus simple « Et elle est loin cette route ? ». Sur quoi le Maasaï a ricané bêtement en disant « Oui ».

Bon, on ne s’est pas laissé décourager, et on s’est dit qu’après tout, ce qui pouvait être loin à pied avec un troupeau de zébus pouvait être tout près en voiture. Sauf que c’était un peu hasardeux de s’aventurer n’importe où, surtout dans une zone marécageuse et sans savoir si on allait vraiment dans la bonne direction. Et c’est là qu’on s’est souvenu du GPS. D’un coup d’un seul, notre minable équipée de touristes paumés s’est transformé en une équipe de choc du Paris-Dakar avec Lionel aux commandes et moi dans le rôle de la co-pilote, lançant du « Vas-y on est sur la bonne trajectoire, un peu plus vers le Nord, c’est bon, la piste devrait être dans 3,8 km » (ben oui, si vous avez bien lu, la piste qu’on avait suivie à l’aller, le gentil GPS l’avait gardée en mémoire, on savait donc où la trouver).

Et hop, en 15 min, on était back on track, sauvés ! Et la chef intérimaire effectivement impressionnée par le sang froid et l’efficacité avec laquelle nous nous étions sortis de ce mauvais pas (hum hum). Bref, donc, plus jamais promisjurécraché je me moque des gens qui prennent leur GPS en week-end.

PS : deux messages en une semaine, j’espère que vous apprécierez l'effort...

mardi 13 novembre 2007

De la difficulté de rester Parisienne à Nairobi

J’inaugure ce jour mon premier post « modasse », comme on dit sur les blogs de filles que j’ai pris l’habitude de fréquenter pour m’offrir des petites pauses bien agréables pendant mes heures de boulot et qui commencent à me contaminer un peu je crois (ou je crains ? Bah je dois dire que les blogs de Violette et Alexiane me font vraiment rire et sont une bonne bouffée d’oxygène quand j’ai envie, par exemple et par hasard, d’assassiner quelqu’un au service financier, disons).

Bref, tout ça pour vous annoncer aujourd’hui que, parmi les difficultés auxquelles il faut faire face lorsque l’on vit en expatriation et plus particulièrement en Afrique, on ne pense pas assez souvent à celle de devoir vivre entouré de gens qui ne connaissent rien à la mode. Enfin à la Mode, celle de Paris, quoi ! J’ai remarqué ça avec une certaine acuité aujourd’hui lorsque, alors que je portais une très jolie petite chemise blanche LARGE (ben oui, oversized, comme c’est la mode à Paris, quoi) payée la peau des fesses au Comptoir des Cotonniers, l’une de mes collègues kényanes est venue me voir et m’a demandé l’air un peu gênée :

« Je peux te poser une question, tu vas pas le prendre mal ? »

« Euh… ouais vas-y » (oui je sais, je suis terriblement téméraire)

« Tu es enceinte ? »

« Laisse tomber Brenda, c’est la mode de Paris, tu peux pas comprendre »

Nan mais déjà quand on s’appelle Brenda on devrait pas avoir le droit de se la ramener, moi je dis ! A part ça je viens de me dire que j’avais eu raison l’an dernier de pas craquer et m’acheter un bermuda parce que j’aurais vraiment fait face à un complet mur d’incompréhension.

Voilà, bon, sinon j’ai bien fait un safari ce week-end mais j’ai eu un début de semaine un peu mouvementé, entre un barbouillage d’estomac (un autre inconvénient récurrent de l’Afrique) et des nouvelles familiales un peu tristounettes, donc j’étais pas trop d’humeur à télécharger les photos et me pencher là-dessus. Prochainement, donc.

PS : et non y’a pas de photo de la dite chemise pour accompagner le post, j’ai la flemme c’est comme ça, les vraies modasses comprendront de quoi je parle, les autres auront qu’à aller sur le site du Comptoir des Cotonniers.

PS2 : un post par mois, c’est une bonne moyenne, non ? Non ? Bon ok je vais faire un effort…