vendredi 27 juin 2008

Les relations interculturelles en pratique


Depuis que ne travaille plus à l’Ambassade, j’ai la chance d’avoir des collègues de tout plein de nationalités et non pas que des français (ouais j’exagère, à l’Ambassade il y a des kenyans… les hommes de ménage… sic). Ce qui me donne l’occasion de faire tout plein de petites analyses sur les relations interculturelles et tout ça.

Un exemple : un jour on reçoit un mail « Je suis au regret de vous annoncer que le père de Machin est décédé hier. Nous ferons passer dans la journée une enveloppe pour vos contributions ». Je m’interloque. Ainsi que mes collègues « internationaux ». Comment ça quand un parent d’un collègue décède il faut lui donner de l’argent ? Ben c’est la tradition au Kenya, ta collègue kenyane t’explique. Et comme tu veux montrer que tu es quelqu’un d’ouvert et sensible aux différences culturelles et tout, tu t’exécutes. Surtout que l’enveloppe qui passe, elle est apportée par un type qui t’oblige à écrire ton nom et la somme que tu donnes, sur une liste que tout le monde peut voir. Officiellement pour éviter qu’il ne sucre de l’argent sur le dos du mort. Bref.

Le même jour on reçoit un mail : « Je suis heureuse de vous annoncer que Machine a accouché hier d’une petite fille. Si vous voulez participer à un cadeau commun, vous pouvez me déposer vos contributions. » Et là je m’interloque pas : ben oui, une collègue accouche, ça me fait plaisir de participer à un cadeau. Je remarque juste que dans ce cas on fait pas passer l’enveloppe et on met pas son nom… Comme si pour les Kenyans ça semblait moins évident de donner pour une naissance que pour un décès. Marrant.

Du coup tout ça te fait refléchir à comment c'est intéressant de voir qu'on n'a pas du tout la même approche et les mêmes réactions face aux évènements de la vie. Et tu apprends, pour savoir t'ouvrir aux autres cultures et pouvoir réagir de manière appropriée le prochain coup.

Justement, l’autre jour, une autre collègue perd son père. Donc cette fois on s’interloque plus, on a compris, on donne l’argent et on met le nom et la somme sur l’enveloppe. Et puis mon chef pris d’un grand élan de générosité dit que si certains veulent aller assister aux funérailles, qui se déroulent à l’autre bout du pays, ben il prête gratos la voiture du bureau pour le week-end. Sauf que… la veille du départ, on se rend compte qu’il manque une pièce dans la voiture, qu’on devait remplacer mais qui n’est pas arrivée. Et que donc la voiture roulotte tant bien que mal, mais qu’elle n’est pas prête à faire 1000 bornes de route parsemée de nids de poule. Donc on prévient les collègues qui devaient partir qu’ils vont malheureusement devoir se débrouiller autrement.

Et là, une des collègues qui devait aller aux funérailles va voir sa chef et lui demande… si du coup on peut pas lui payer son billet d’avion aller/retour sur le budget administratif du bureau. Ben voyons ! Et puis l'hôtel et le coiffeur aussi, non ? Sa chef a ri. Ben oui, relations interculturelles je veux bien, mais enfin faut pas non plus pousser mémé dans les orties...

vendredi 13 juin 2008

La soirée fromage

Oui je sais, je n’ai pas posté depuis des lustres. J’ai d’ailleurs été très touchée par les cris de détresse reçus de mes nombreux lecteurs pour me demander de revenir. Enfin par LE cri de détresse de ma sœur qui s’emmerde pendant son stage et donc n’a que ça à faire de traîner sur les blogs et aimerait bien un peu d’animation. Bref. Heureusement que je fais pas ça pour la gloire sinon presque je serais vexée. Mais comme j’ai aussi appris durant mon récent passage en France que des tas de gens que je ne soupçonnais pas, voir que je ne connais pas, lisent mon blog et l’apprécient tout ça, on va faire comme si de rien n’était.

Bon, donc, la France. Qui dit passage en France dit soirée fromage en revenant. Et oui, j’ai décide aujourd’hui de vous présenter un des éléments essentiels de la vie des expats français à l’étranger. Parce que vivre loin de chez soi dans un pays exotique où chaque week-end est une nouvelle aventure dans des lieux inexplorés qui font baver d’envie les parisiens, bon, c’est bien. Mais quand on se rend compte que ça veut dire pas de bon fromage à portée de main, pas de possibilité de s’enfiler un bon calendos coulant, un doux munster qui sent des pieds comme on les aime, un comté 20 ans d’âge qui râpe la gorge, une raclette qui vous réchauffe et tient au ventre pendant 72 heures, tout de suite ça fait moins rêver et vous comprenez les difficultés de notre vie au Kenya.

A ma droite j’entends dire “Bah on trouve du fromage au Kenya, faut pas déconner”. Alors là je m’insurge. D’abord, suite à la colonisation anglaise, on trouve effectivement toute une ribambelle de cheddar qui va du jaune pâle au orange foncé. C’est vrai. Sauf qu’à part la couleur je vois pas trop la différence: j’ai toujours l’impression de manger du plastique. Ensuite, il y a effectivement quelques types qui se sont lancés dans la fabrication locale de choses qu’ils appellent hardiment “camembert”, “brie” ou même “mozzarella”. Mais un vrai camembert, monsieur, ça ne se fait PAS avec du lait pasteurise. Sinon il est où l’intérêt ? Un camembert qui pue pas, nan mais ! Je ne me lancerai pas dans la comparaison de la mozzarella made in Naivasha avec la Buffala mangée à Naples l’an dernier, ce n’est pas ma spécialité mais je pense qu’il y a de quoi s’étouffer quand on est italien.

Tout ça pour dire qu’il est du devoir de tout français qui se respecte quand il revient de vacances en France de ramener un échantillonnage de frometon bien de chez nous pour les partager avec ses compagnons de galère. D’ailleurs, un « tip » si jamais dans mon large lectorat de près de 10 personnes par jour (les bons jours), il y a quelqu’un qui souhaite partir en expatriation un jour : emmène du fromage dans tes bagages si tu veux te faire des amis rapidement.

Nous n’avons pas dérogé à la tradition même si j’ai trouvé une bonne feinte pour ne pas que tous le contenu de ma valise sente le calendos à l’arrivée : j’ai chargé Lionel de la mission frometon. Dont il s’est acquitté avec brio. Je le remercie donc au passage. Voilà pour le reste vous pouvez voir les photos qui ne sont pas d’un intérêt fou mais j’avais envie de m’amuser avec mon nouvel appareil photo que j’aime (merci maman).