Les cinémas Kenyans passent exclusivement trois types de films :
- les superproduction américaines hémoglobinées pour les garçons ;
- les comédies romantiques hollywoodiennes pour les filles ;
- les derniers succès de Bollywood pour les indiens ;
Autant dire que moi qui suis fan des films d’auteurs français où il ne se passe rien, je suis parfois un peu frustrée. J’y vais quand même de temps en temps, pour le plaisir de me retrouver dans une salle de ciné (et pour occuper le post-ado qui partage ma maison et qui exige sa dose mensuelle de film d’action). Et puis quand je rentre en France je me fais une petite cure de bons films. Quitte à parfois friser l’excès inverse (genre au hasard la fois où Ségo n’est-ce pas m’a emmenée voir "La question humaine"… je sens les intellos parisiens s’agiter sur leur siège… non ce film n’est pas merveilleux, il est chiant à mourir, c’est tout).
Bref, sauf que voilà, cette semaine il y avait au programme Juno. Bon ça y est, les intellos parisiens recommencent à trépigner. Ok, c’est pas un film totalement underground non plus. On me dit aussi au fond à gauche que le réalisateur aurait abusé de l’esthétique pop, et qu’il aurait recouvert le tout de musique folk qui fait mouche pour gagner son public d’avance* (on en a même vu qui s'inscrivent à des groups sur facebook pour dire qu'ils connaissaient le groupe truc muche avant ce film, histoire de se la péter un peu ;-P ).

Moi je réponds: et alors ? Tout ce que je sais c’est que c'est la première fois en 3 ans et demi (et oui, déjà, ça nous rajeunit pas tout ça) que je vais voir au ciné ici un film qui me plait vraiment. Qu'il a squatté direct la place du meilleur film de 2008 dans mon classement perso et qu'il ne risque pas d’en être délogé même si on n’est que en mars et que j’ai un séjour en France prévu cette année. Voire même, qu'il serait en passe de rentrer dans le club select de mes films préférés toutes années confondues. Et que ça fait bien plaisir.
Et qu'accessoirement voir en même temps que tout le monde et pas 6 mois plus tard en DVD LE film du moment, c'est agréable. Déjà que c'est ce qui va se passer avec "Bienvenu chez les ch'tis" et que ça m'embête bien. Je déconne.
La prochaine fois je vous raconterai l’histoire de l’hymne national kenyan au début des séances de ciné.
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Je dois avouer que retrouver une de mes chansons préférées de Belle and Sebastian au milieu n’a rien gâché au plaisir