lundi 25 février 2008

L'autre plage...

Parce qu'il n'y a pas que Poo Beach tout de même dans la vie... et parce qu'on a beau être une working woman, le dimanche on a bien le droit de s'accorder un peu de repos. Quelques photos de ma sortie du jour, histoire de pouvoir dire que je n'ai pas vu que le quartier des UN à Monrovia.

Point de sable blanc et pas de trace de l'eau turquoise à laquelle nous a habitués l'Océan Indien du Kenya, mais la plage à 30 minutes de chez soi, moi je dis que c'est quand même bien agréable. En revanche, moins il y a de monde plus ils se regroupent, il faudra m'expliquer pourquoi. Donc il y avait 50 blancs sur la Côte Libérienne ce dimanche, et ils étaient tous à moins de 50 mètres de nous. Du coup ça donne ça:


Peut-être parce que ce décor m'a rappelé les photos des années 70 de la plage d'Abidjan dans les albums de mes parents, j'ai trouvé que l'ambiance avait un petit air un peu hors du temps.


Pour rajouter à cette atmoshpère, la plage est bordée de grandes maisons abandonnées, probablement des témoignages d'un temps passé où la bourgeoisie de Monrovia venait passer là ses week-ends.


Pendant ce temps-là loin du troupeau d'expatrié, une séance de coiffure face à la mer.


Ambiance détendue. C'est la maman qui m'a fait de grands signes pour que je vienne les prendre en photos, alors que je me balladais tranquillement au bord de l'eau. Et toujours la magie de l'appareil photo où on peut montrer tout de suite au gens le résultat sur l'écran... les petites ne me lâchaient plus !


samedi 23 février 2008

Toute la vérité sur Poo Beach

Poo Beach, c'est une sorte de petite blague interne et de mythe de bureau à l'UNOPS depuis que mon chef nous avait expliqué que c'était le surnom de la plage de Monrovia rapport à ce que les habitants s'en serviraient principalement pour faire leurs commissions petites et surtout grosses*. Ça nous faisait marrer. On a l'humour (de merde)(ah ah ah quel jeu de mots) qu'on a, je vous l'accorde.

Enfin moi ça m'a surtout fait marrer jusqu'à hier matin où, alors que je prenais tranquillement le petit déjeuner sur la terrasse de ma guest house avec vue directe sur la plage,j'ai remarqué deux types à une vingtaine de mètres de distance qui l'un après l'autre se sont accroupis l'air de rien face à la mer pour faire ce que vous imaginez. La grande classe. Bref, j'ai pu confirmer à mes collègues ébahis que tout cela était bien vrai. Oui je sais, on a des sujets de conversation sacrément existentiels au boulot.

Juste pour vous, je vous colle deux petites photos de la plage en question (n'insistez pas, je n'ai pas été jusqu'à prendre en photo les deux types).

PS: Encore une fois je tiens mes promesses puisque j'avais prévu des crétineries aujourd'hui. Désolée, je sentais qu'il fallait que je re-baisse le niveau intellectuel de peur de perdre une partie de mon (déjà bien maigre) lectorat.

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* Poo = popo (ou caca, ça dépend des écoles)


jeudi 21 février 2008

Culturons-nous un peu

L'autre jour quand j'ai dit à je sais plus qui (je suis plutôt sympa ce soir, je balance pas de nom) "Je vais en mission à Monrovia", on m'a répondu "ah bon et c'est dans quel pays, ça?". Bref, je me suis rendue compte qu'après tout ça n'allait pas de soi et entres nous je ne jetterai pas la pierre parce que bon j'ai mes propres lacunes en géographie même si elle sont moins en Afrique que la moyenne forcément.

Du coup je me suis laissé dire que ça ne serait peut-être pas inutile de faire un bref point historique, histoire de planter le décor. Genre histoire que pour une fois, au lieu de lire ici des crétineries, vous sortiez de cette lecture un peu moins bêtes ;-) Ceci dit qu'on soit clair, je vais pas m'improviser spécialiste ès Liberia, ce que je vais sortir sont quelques généralités, mais qui apparemment pourraient servir.

Le Liberia est, donc, en Afrique de l'Ouest, coincé entre le Sierra Leone, la Guinée Conakry et la Côte d'Ivoire. Le pays a été fondé par des esclaves américains afranchis, renvoyés sur leur continent (bah oui passe encore de leur rendre leur liberté mais c'était quand même mieux s'ils ne restaient pas encombrer les States, mince). D'où cet AFFREUX accent noir américain que se traînent les gens ici, pas le truc le mieux qu'ils aient ramené de chez l'oncle Sam je dois dire.

Bon évidemment il y avait des gens au Liberia avant ces braves escalaves affranchis, mais on ne leur a pas trop demandé leur avis pour leur renvoyer leurs frérots, qui accessoirement du coup se sont sentis un peu supérieurs à ces sauvages du fin fond de la brousse et ne se sont pas privés pour les exploiter allègrement. En attendant le pays faisait figure de relativement développé, dans les années 80 Monrovia semblait être une ville moderne et agréable. Par exemple, ils avaient l'éclairage public dans les rues, chose qui n'est qu'en train d'apparaître timidement à Nairobi à l'heure actuelle...

Je passe sur les causes profondes de la guerre civile qui a ensuite ensanglanté le pays, j'aurais trop peur de dire des énormités, mais il y a du mélange de tensions entre libériens américains et libériens natifs, d'exercice du pouvoir despotique, d'enjeux géo-politiques et de basses raisons liées à des traffics divers comme le diamant. Le résultat est le même, entre 1989 et 2003, envrion 300 000 libériens sont morts, sans compter ceux qui ont été mutilés (sympathique politique de Charles Taylor qui faisait couper les bras de ses compatriotes pour les empêcher de voter) et tous les enfants qui se sont retrouvés embrigadés dans les différentes factions.

Depuis 2003 la paix est revenue. Les Nations Unies y ont une de leurs plus importantes mission de maitien de la paix. En 2005, une élection démocratique a porté à la tête du pays Ellen Johnson Sirleaf, la première femme chef d'Etat en Afrique. L'argent de l'aide au développement afflue désormais vers le pays. Mais il y a beaucoup à faire, bien sûr.

Ma maigre expérience de Monrovia est celle d'une ville complètement dévastée par la guerre, aux infrastructures totalement inexistantes. Juste pour donner quelques exemples, il n'y a plus un seul service collectif en état de fonctionnement. Pour l'eau, les gens ont des réservoirs dans leur jardin et font venir des camions citernes pour les remplir. Pour l'électricité, un générateur qui fonctionne 24h/24. Autant dire que le bel éclairage public de Monrovia n'est plus qu'un souvenir depuis belle lurette.

Bon allez ce court intermède historique est déjà bien trop long ! Tout ceci dit, on pourra repartir demain sur des crétineries, ouf.

mercredi 20 février 2008

Demain...


... double you sera parmi nous. Ce beau panneau qui est apparu ce soir sur la route entre le bureau et mon hôtel était là pour me le rappeler. Au cas où j'aurais pas remarqué demain que toutes les routes étaient bouclées et les réseaux de téléphone portable suspendus pour toute la journée (rien que ça). Je sais pas vous, mais je trouve que Ellen a l'ai moyennement enthousiaste sur cette photo.

PS: sinon pour l'instant peu d'infos vraiment délirantes sur le Liberia. En fait je passe plus de temps dans mon bureau avec mon collègue kosovar qu'à discuter avec des libériens. Quand au soir, on mange plus libanais que local. Il n'y a pas UN bon resto libanais ici, il n'y a QUE des restos libanais. Bref.

lundi 18 février 2008

En route pour Monrovia

J'étais dans l'avion avec un groupe de jeunes missionnaies coréens qui ont à peine compris quand l'hôtesse leur a demandé comment on disait bonjour dans leur langue. Ce qui me fait m'interroger sérieusement sur la manière dont ils comptent s'y prendre pour convertir des libériens. Enfin au moins au Libéria ils devraient réussir à ne pas se faire prendre en otage, c'est toujours ça de pris.

Sinon:
- la nourriture était NETTEMENT meilleure après l'escale à Accra que au départ de Nairobi;
- j'ai eu un instant d'émotion en volant au dessus d'Abidjan (les personnes concernées comprendront)
- il fait CHAUD à Monrovia
- mon collègue libérien m'a promis qu'il se procurerait du vin de palme pour moi

Bref, je suis ravie de mon baptême Ouest africain.

A part ça, le fait du jour sur le Libéria: les gens parlent avec l'accent noir américain, ça fait drôle.

vendredi 15 février 2008

The place to be

Désolée, j'ai un peu perdu le rythme je le sens bien... Pourtant j'avais des choses à montrer cette semaine, comme cette petite vidéo prise samedi dernier lors du tournoi de foot de "Peace Building" d'une des associations du bidonville que je visite régulièrement. Et OUI, j'ai été à Mathare la semaine dernière et NON je ne suis pas morte. Une façon aussi de montrer que la situation ici est assez contrastée, et qu'il ne faut ni sous-estimer bien sûr, ni sur-estimer non plus les violences.

J'aurais pu aussi parler de la PIECE, la fameuse, les huit femmes, tout ça... Cette pièce où je devais jouer, où je ne jouais plus, mais où j'ai quand même fait la régisseuse. Mettre des photos. Tout ça. Mais comme justement ça m'a pris tous les soirs de cette semaine, je n'ai ni eu le temps de monter un bout de film du tournoi de foot, ni eu le temps de sélectionner quelques photos de la pièce.

BREF. Et autant le dire tout de suite, je ne sais pas quand est-ce que j'aurais le temps de faire tout cela. Car je suis une femme très occupée, moi, et oui. Lundi prochain je pars sauver le Liberia. Rien que ça. En dix jours. Oui madame.

Monrovia en plus, c'est the place to be en ce moment. Les grands de ce monde ne s'y sont pas trompés. George W Bush en personne y sera. Il a choisi les mêmes dates que moi, ça ne peut pas être un hasard. Mon chef m'a d'ailleurs proposé de me filer 50 $ pour recruter un type pour le faire assassiner discrètement au passage (j'espère que la CIA ne surveille pas les blogs français de trop près...). J'ai répondu si c'était Nico et Carla c'eut été un plaisir, Double You est passé au second plan des personnes à abattre à mes yeux depuis que ces deux là sont sur le devant de la scène.

Ensuite il (mon chef, pas double you) a essayé de me faire la pub du pays pour me convaincre que c'était une trop top mission qu'il m'envoyait faire. Il a beaucoup refléchi. Il a fini par dire qu'il y'avait un super bon restau libanais à Monrovia. J'ai hâte.

Voilà, donc le foot et le théâtre viendront, mais entre temps il y a des bonnes chances que vous voyiez d'abord par ici des photos de Pooh Beach (un autre lieu culte de Monrovia, je vous expliquerai) et DU resto libanais.

mercredi 6 février 2008

Maman, ce message n'est pas pour toi

Hier soir, Lionel m'a montré les photos de ses vacances à Bali.

La première photo c'était ça :



J'ai pensé : "Beeeeeeuuuuuuurk ! Heureusement qu'on habite pas à Bali".

Sauf que la photo d'après c'était ça :



Et ça, c'est mon chat. Il a fallu me résoudre à l'évidence. Ces photos ont été prises au milieu de ma salle à manger.

Plus jamais je ne marcherai pieds nus chez moi.

PS : J'espère que vous notez qu'hier je vous avais promis un post sur un autre gros inconvénient à habiter en Afrique mais aussi des photos. Et que j'ai mis les deux. Ceci est un blog qui tient ses promesses.

mardi 5 février 2008

L'autre jour...

... on n'avait plus d'électricité à la maison.

Du coup on a été obligés d'aller dîner au restaurant.

Demain j'essayerai de vous lister une autre gros inconvénient à vivre en Afrique.

(Et j'essayerai aussi de remettre des photos sur ce blog, parce que je crois qu'avec ce post je vais faire partir à la page suivante les dernières photos mises en ligne... et que ça va commencer à avoir l'air tristounet tout ça...)

lundi 4 février 2008

Une journée comme une autre à Nairobi

Reçu à 4h16 du chef des opérations :

« Chers collègues,

Nous avons reçus des informations faisant état dans le quartier du Sarit Centre d’un important déploiement de police et de coups de feu (non-confirmés).

Essayez d’éviter ce secteur autant que possible.

Restez prudents
»


Reçu à 4h35 du chef des opérations :

« Chers collègues,

J’ai confirmé l’information avec le service de sécurité des UN. Il y a effectivement eu des policiers et des coups de feu dans le secteur du Sarit, mais c’était seulement un « simple » cambriolage. La police a abattu les voleurs.

Bien à vous
»


PS : Justement j’ai fait du shopping au Sarit Centre ce midi.

vendredi 1 février 2008

C'est vraiment trop injuste

Au bureau ils ont listé tous le personnel international et ils nous ont regroupés en « ilots » en fonction de notre lieu d’habitation, pour faciliter la communication et éventuellement une procédure d’évacuation. Chaque ilot a un coordinateur à qui l’UNOPS a donné un Thuraya*, des fois que les téléphones portables marchent plus.

Moi dans mon ilot on n’est que deux (ben oui, on n’est que 2 à être assez bêtes pour habiter aussi loin de là où on travaille…). J’avais donc UNE CHANCE SUR DEUX d’avoir un Thuraya. Ils ont choisi l’autre gars. J’ai bien essayé de les convaincre de changer d’avis mais plus j’en rajoutais, plus je sentais que ma crédibilité baissait et que je ruinais mes chances. Pourquoi c’est jamais moi qui ais droit aux trucs COOLS ???

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* Pour les non-aventuriers : téléphone portable satellite